L’église et Maria Valtorta

Éditions Maria Valtorta

Depuis 2019, une enquête en vue de recueillir les preuves de l’exercice héroïque des vertus chrétiennes a été confiée à un prêtre du prestigieux Vicariat de Rome (le diocèse même du Pape) sous la conduite de Me Carlo Fusco, avocat de la Rote et postulateur pour la cause des saints (la Bienheureuse Catherine Emmerich a attendu 180 ans sa béatification).

Chrétiens Magazine
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Série de quatre entretiens

Entre ceux qui sont acquis et ceux qui sont hostiles, le grand champ de ceux qui sont favorables.

Débat très intéressant autour de l’Oeuvre écrit par Maria Valtorta, entre Monsieur Arnaud Dumouch (théologien catholique belge, professeur de religion durant plus de 20 ans), et Monsieur François-Michel Debroise (Expert de l’Oeuvre de Maria Valtorta, écrivain, et fondateur du site maria-valtorta.org

1er des quatre entretiens

 


L’œuvre de Maria Valtorta et l’Église

Par l’éditeur Italien Emile Pisani

Le mot latin « imprimatur » signifie: « qu’il soit imprimé ». C’est la formule qu’emploie l’autorité ecclésiastique pour indiquer son approbation des livres sur des sujets religieux qui, à son jugement, peuvent être publiés sans porter atteinte aux vérités de la foi et à l’intégrité des mœurs.

L’Évangile tel qu’il m ‘a été révélé (titre original « ll poema dell’Uomo-Dio » — Le poème de l’Homme-Dieu), revêt le caractère essentiellement religieux d’une paraphrase de l’Évangile. Cette œuvre ne s’éloigne pas des vérités de la foi: c’est l’avis qu’expriment à son sujet, depuis plus de 30 ans, non seulement des personnes autorisées et consacrées, mais des chrétiens qui vivent selon l’esprit de l’Eglise. Elle n’entame pas l’intégrité des mœurs: l’évidence en est donnée par les fruits de conversion spirituelle qu’elle produit constamment chez ses lecteurs partout dans le monde. Cependant, cette œuvre n’a jamais obtenu l’imprimatur. Pourquoi ?

Il n’entre pas dans notre compétence d’éditeur, de donner à cette question une réponse d’autorité, ni même qui soit entièrement satisfaisante. Nous pouvons cependant éclairer le lecteur sur les circonstances et les faits qui ont entouré la naissance de l’œuvre et influencé sa diffusion, afin qu’il sache reconnaître et interpréter judicieusement les signes qui accompagnent une oeuvre aussi singulière.

Nous divisons notre exposé en 3 parties :
1. La catholicité de l’auteur;
2. La catholicité de l’éditeur;
3. Les rapports de l’œuvre avec l’autorité ecclésiastique.


Ecrit par Emile Pisani (Isola del Liri, Italie, 1981) et traduit de l’italien par Léo A. Brodeur (Sherbrooke, Canada, 1985).
Tiré du Bulletin d’informations valtortiennes, n°23, janvier-juin 1981, Editions Pisani, Isola del Liri (FR), Italie.

1. La catholicité de l’auteur

Si nous donnons à Maria Valtorta le titre d’auteur, c’est pour nous référer à sa personne juridique, car nous ne sommes pas sans savoir qu’elle récuserait ce qualificatif, puisqu’elle s’est toujours considérée comme un « instrument » ou une « plume » entre les mains de l’Auteur.

C’est en 1943, rappelons-le, que Maria Valtorta devint auteur « mystique » (selon l’expression du Père Roschini et d’autres spécialistes), au moment même où elle pensait être arrivée à la fin de sa vie terrestre, que grevaient déjà neuf longues années d’infirmité et d’expériences douloureuses. Cette année-là, contrairement à son attente, se terminait une phase de sa vie, que nous pourrions dire celle de sa formation profonde, et une autre commençait, plus brève mais aussi plus intense, et qui allait porter un fruit inattendu et merveilleux. Sur tout son passé elle venait de mettre un sceau, celui de son autobiographie: son directeur spirituel l’avait en quelque sorte exigée d’elle, et elle avait accepté de l’écrire (et cela, comme auteur véritable) à condition de pouvoir y mettre à nu sa propre conscience, rapportant « tout le bien et tout le mal ». Ainsi son récit, qu’elle fait sous une forme épistolaire captivante et qui se déroule de sa naissance jusqu’au début de l’année 1943, a l’authenticité d’une dernière confession.

Il n’y a rien dans l’autobiographie de Maria Valtorta qui puisse de quelque façon entacher son adhésion au christianisme (lequel consiste à suivre le Christ) et au catholicisme (qui consiste à le suivre dans l’unique Eglise qu’il a voulue). Par conséquent, le problème ne se pose pas d’avoir éventuellement à interpréter, à clarifier ou à justifier des expressions douteuses: sous ce rapport, il n’existe pas l’ombre d’une incertitude. Il est aussi naturel à Maria Valtorta de vivre dans l’Eglise, avec l’Eglise et pour l’Eglise, qu’il est naturel de respirer. Les passages du récit autobiographique dans lesquels elle exprime sa catholicité n’ont pas l’éclat d’une attestation, car ils font partie de la trame normale du quotidien. Cependant, il faut en tenir compte.

Notons d’abord que Maria Valtorta tenait en haute considération le ministère sacerdotal catholique. Ce n’est pas qu’elle l’ait voulu, mais c’est un évêque, Mgr Cazzani, qui, au cours des derniers exercices spirituels qu’elle fit au collège, lui révéla dans un sermon inspiré ce que devait être son avenir face à Dieu. C’est aussi par l’oeuvre de l’Esprit que, quelques années auparavant, elle avait senti toute l’efficacité du saint chrême dans le sacrement de confirmation que lui avait administré le cardinal Ferrari. Aussi, sa recherche continuelle d’un prêtre qui serait son directeur spirituel, montre bien la conscience qu’elle avait d’être dans l’Eglise et sa volonté d’y demeurer, même si, par ailleurs, elle déclare que c’est Jésus lui-même qui dirige son âme, l’aide d’un prêtre lui faisant souvent défaut. Ayant trouvé un vrai directeur en la personne du Père Migliorini, elle s’abandonne à lui avec une confiance filiale et avec reconnaissance pour un tel privilège; elle se sentira comme une orpheline quand les événements la priveront de la présence de son père spirituel. Enfin, son amour pour le sacerdoce qu’a institué le Christ afin de continuer sa présence dans l’Eglise, atteint à l’héroïsme, quand elle fait l’immolation d’elle-même pour tous les prêtres.

Maria Valtorta adhérait profondément au principe de l’autorité hiérarchique. Avouant avoir lu, lorsqu’elle était adolescente, un livre qui était à l’index (le roman Il Santo de Fogazzaro), elle affirme l’avoir fait à cause de son « esprit religieux encore faible » et s’empresse d’ajouter que par la suite elle obtint de l’évêque la permission de lire les livres condamnés, mais qu’elle en a « bien peu usé ». Au terme de sa mission d’écrivain, avant que ses propres facultés et capacités ne soient sacrifiées dans l’offrande totale qu’elle avait faite d’elle-même, elle recommandait au Père Migliorini et au Père Berti, qui s’occupaient de chercher à Rome un imprimeur pour ses écrits, de ne pas permettre que l’oeuvre soit publiée sans « une approbation sûre », tout en sachant bien quels sérieux problèmes se posaient aux deux religieux.

Il faut remarquer combien est important chez Maria Valtorta le sens de son appartenance à l’église locale, qui est l’image de l’Eglise universelle, comme cela allait être enseigné plusieurs années après par le concile Vatican II. Elle se déclare opposée, par exemple, à chercher des prêtres en dehors de sa paroisse et le fait seulement si elle y est contrainte par l’impossibilité d’obtenir l’aide de ceux qui y sont. Lorsqu’elle éprouve le désir irrésistible de mettre à profit ses talents personnels dans une forme d’apostolat, elle le fait en entrant dans l’action catholique paroissiale; si elle y souffre de désaccords avec les dirigeants, elle a la satisfaction de servir, sans, par ailleurs, aspirer à une charge.

Sa manière d’être dans l’Eglise présente une certaine incohérence paradoxale. Maria Valtorta est riche en ressources personnelles: intelligence et courage, culture et charme, force de caractère et condition sociale; elle a un ardent amour de Dieu et du talent pour la communication humaine. Mais en même temps, elle reçoit de l’opposition, on la défavorise, on la déprécie. Pourtant, nous ne voyons jamais surgir en elle la moindre pensée de pouvoir se passer des autres, de faire valoir ses propres capacités, de former des disciples, de fonder un mouvement ou un groupe. Il n’y a absolument pas en elle la vocation d’être chef, même si elle en a les qualités. Il n’y a en elle que la certitude de sa propre « nullité », de la « gratuité » des dons reçus et du « devoir » de les rendre à Dieu, comme il Lui plaît, avec une disponibilité qui est tout simplement héroïque. On ne trouvera pas facilement chez les grands mystiques la totalité du sacrifice que l’on constate chez Maria Valtorta et que révèlent sa « peur » d’être connue, sa demande à Dieu de ne porter aucun signe visible de la Passion mais seulement d’en sentir les effets dans sa chair, en même temps que toute l’amertume du calice qu’elle voudrait boire jusqu’au fond à cause de sa soif inextinguible d’ »amour ». Sans nous arrêter ici à considérer quels fruits un pareil sacrifice a pu donner, nous voulons seulement y voir un témoignage extrême de catholicité, sous la forme d’une « mort » en vue d’une « résurrection » dans le Christ et dans l’Eglise.

Eglise du Christ, Eglise apostolique, Eglise des prêtres, Eglise des saints. Un ample souffle ecclésial anime le sens qu’a Maria Valtorta de la communion des saints, au sujet de laquelle elle s’exprime en ces mots dans son autobiographie: « Quand je pense que le bonheur dont je jouis me vient par des fleuves célestes dont chaque flot est formé des mérites du Saint parmi les enfants des hommes, de mon Jésus, des grâces de celle qui est Toute Grâce et de l’ensemble des oeuvres et de la charité de la multitude innombrable des martyrs, des vierges, des pénitents, des confesseurs, je me sens ravie en un élan de joie reconnaissante et je sens que, aussi longtemps que je mériterai cette infusion de vie, je ne pourrai périr. Je suis un pauvre être, mais tels qu’une armure qui renforce ma faiblesse, les trésors des saints oeuvrent autour de moi, me rendant capable de vivre la vie de la foi. Quand, voyant ma nullité qui ne sait rien [faire] sinon souffrir avec joie pour imiter le Maître et tous ses élus, je pense que c’est à elle qu’il est accordé de devenir une goutte dans l’immense fleuve de tous ces mérites et d’aller ainsi porter ma fraîcheur aux âmes qui brûlent dans les flammes humaines, mon bain aux âmes salies par les fautes, mon huile de charité à ceux qui sont blessés par la vie, ma nourriture à ceux qui sont abandonnés par le sort, mon chant à ceux qui sont tristes et mes pleurs aux défunts, alors je m’abaisse en un abîme d’humilité qui adore et bénit! Puissé-je, en vertu seulement du sang spirituel de l’Eglise qui circule en moi, moi qui suis nullité, misère, faiblesse, puérilité, puissé-je être une force, une lumière, un moyen pour donner Dieu aux âmes et avec Dieu toute grâce, et donner les âmes à Dieu et, avec les âmes, de quoi lui enlever sa soif! »

Pour préciser encore l’essence de la catholicité de Maria Valtorta, soulignons l’importance de l’Eucharistie dans sa spiritualité, dont il existe de très nombreux signes tout au long de sa vie. Arrêtons-nous ici, laissant au lecteur l’initiative de constater que tous les écrits de Maria Valtorta, et non seulement l’autobiographie sur laquelle surtout nous nous sommes penchés, montrent sa catholicité personnelle, qu’elle a moins déclarée explicitement qu’elle ne l’a vécue pleinement.


Ecrit par Emile Pisani (Isola del Liri, Italie, 1981) et traduit de l’italien par Léo A. Brodeur (Sherbrooke, Canada, 1985).
Tiré du Bulletin d’informations valtortiennes, n°23, janvier-juin 1981, Editions Pisani, Isola del Liri (FR), Italie.
L‘éditeur Emile Pisani annonce avoir constitué, le 14 janvier 1985, la société éditrice CEV (Centre Editorial Valtortien), qui continuera de soigner la publication et la diffusion des oeuvres de Maria Valtorta
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2. La catholicité de l’éditeur

C’est à Isola del Liri petit centre industriel pittoresque du Latium, que l’imprimeur Hugo Arthur Macioce fonda, au début du siècle, la « Tipografia Arturo Macioce ». Au cours des années suivantes, Michel Pisani, jeune frère de l’épouse du fondateur, commença a participer à la gestion de l’entreprise. A la fin de 1921, l’association de Macioce et Pisani prit une forme juridique qui donna naissance à la « Stamp » (Società tipografica A. Macioce & Pisani).

Les pertes subies par l’établissement pendant la seconde guerre mondiale et l’âge avancé de Macioce, entraînèrent la dissolution de la société en 1945. L’année d’après, Michel Pisan reprit à son compte les activités de l’entreprise sous la raison sociale de « Tipografia Editrice M. Pisani » (telle qu’elle est connue aujourd’hui).

A la mort du propriétaire Michel Pisani, le 4 mars 1965, ses fils Emile et Hector, qui s’étaient occupés activement de l’imprimerie paternelle depuis leur enfance, prirent la relève. A partir du 1er juillet 1973, les frères Pisani, tout en demeurant copropriétaires de l’entreprise qui gardait le nom de leur père, se partagèrent les tâches, Hector prenant la responsabilité de l’imprimerie, et Emile celle de l’édition. Ainsi, Emile Pisani pouvait se consacrer exclusivement à la publication des écrits de Maria Valtorta, dont il s’était chargé déjà dès les tout début dans les années 50.

La maison M. Pisani éditeur et imprimeur, bien qu’au nombre des petites industries, figure aujourd’hui parmi les plus modernes par son installation, et continue à être connue pour la production du livre dans le secteur spécifique qu’elle exploite.

Voilà pour l’histoire de son statut juridique et de son organisation.

La production de Macioce & Pisani dans les débuts et de Pisani par la suite, a toujours été orientée vers le service de l’Eglise catholique, service qui s’est consolidé en une tradition.

Parmi les clients avec lesquels l’établissement a entretenu des rapports réguliers et continus, on peut énumérer les Oeuvres missionnaires pontificales, les Postulateurs des causes des saints, des Maisons générales d’ordres et de congrégations tant d’hommes que de femmes, des institutions nationales comme l’Apostolat de la prière et l’Action catholique (l’Union des femmes et le Centre national des activités catéchétiques), des éditeurs pontificaux comme Desclée, l’Institut historique de la Compagnie de Jésus, l’abbaye du MontCassin. Parmi les clients occasionnels, mais non moins importants, on peut compter d’innombrables instituts religieux de Rome, des organismes culturels catholiques et des maisons d’édition catholiques, ainsi que plusieurs ecclésiastiques ou laïques engagés. Regardant son passé, notre maison peut se flatter d’avoir imprimé les premiers livres de la Société Saint Paul naissante, d’avoir accompagné dans leurs premiers pas vers la notoriété des hommes tels que Igino Giordani, d’avoir reçu la visite d’illustres personnalités comme le Père Agostino Gemelli, d’avoir été honoré de l’amitié de cardinaux, dont Alexis M. Lépicier, Carlo Salotti et Celso Costantini. La production polyglotte et l’usage répandu du latin dans les publications ecclésiastiques jusqu’aux années du Concile Vatican II, ont fait en sorte que le nom de l’imprimerie Pisani, héritière de la maison Macioce & Pisani, était connu dans tous les milieux à travers le monde, où, pour des raisons de culte ou de formation à la piété et aux connaissances religieuses, se fait entendre la voix de la Rome catholique.

A côté de l’impression de livres pour une clientèle choisie, dont nous avons donné à titre d’exemple une liste forcément incomplète, la maison Macioce & Pisani avait également ses propres éditions, aux auteurs prestigieux, dans les secteurs de l’hagiographie et de l’ascétique surtout, mais aussi de la piété et de l’actualité religieuse, ainsi que, plus généralement, de la tradition théologique. Mais après la guerre, lorsque l’ancienne maison reparut sous le nom de Pisani, elle s’occupa, avant tout, à récupérer les commandes d’impression, négligeant presqu’entièrement son département de l’édition. Présentement, les services de l’édition proprement dite se limitent aux oeuvres de Maria Valtorta, soit dans la langue originale italienne ou dans les traductions qui sont en cours. De son côté, l’imprimerie Pisani continue à exécuter les commandes de sa clientèle particulière.

Le caractère catholique de notre maison ne tient pas seulement aux personnes de sa clientèle et à la nature de ses publications pendant presque 80 ans d’activité, mais il tient également à la personne de ses propriétaires.

L’engagement religieux du fondateur Hugo Arthur Macioce, décédé en 1960, s’est manifesté par de courageux témoignages au temps de l’anticléricalisme. La famille Pisani, avec laquelle l’aïeul Macioce s’allia en 1907 en épousant l’aînée Giulia, était du type patriarcal avec 13 enfants, dont le dernier était Michel. Parents et enfants, tous sans exception, surent donner pendant la durée de leur vie (il n’y a aujourd’hui qu’une survivante) le solide exemple d’une intelligente assiduité au travail et d’un constant attachement à l‘Eglise et à la foi catholique, jusqu’à devenir en certains cas les bienfaiteurs providentiels d’institutions ecclésiastiques et d’oeuvres de charité.

En 1943, le propriétaire, Michel Pisani, fut nommé Chevalier de l’Ordre de saint Grégoire le Grand par un bref apostolique de Pie XII, sur la proposition de l’Union missionnaire pontificale du clergé. Son fils Émile, éditeur et curateur des écrits de Maria Valtorta, est président diocésain de l’Action catholique.


Ecrit par Emile Pisani (Isola del Liri, Italie, 1981) et traduit de l’italien par Léo A. Brodeur (Sherbrooke, Canada, 1985).
Tiré du Bulletin d’informations valtortiennes, n°23, janvier-juin 1981, Editions Pisani, Isola del Liri (FR), Italie.
L‘éditeur Emile Pisani annonce avoir constitué, le 14 janvier 1985, la société éditrice CEV (Centre Editorial Valtortien), qui continuera de soigner la publication et la diffusion des oeuvres de Maria Valtorta
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3. Les rapports de l’oeuvre avec l’autorité ecclésiastique

L’oeuvre de Maria Valtorta, avant même d’être achevée, commença à être en difficulté avec la hiérarchie ecclésiastique. C’est le Père Migliorini qui devait en être la cause involontaire.

Le Père Romualdo M. Migliorini, un saint prêtre selon les souvenirs qu’en ont gardés ses confrères et tous ceux qui l’ont connu, ne se contentait pas d’aider Maria Valtorta spirituellement, mais prit sur lui de transcrire à la machine ses cahiers autographes. Dans son application à ce travail, il fut pris d’un enthousiasme croissant pour Ces écrits, au point d’en faire une distribution imprudente en fascicules dactylographiés: geste auquel le Père Berti, dans son langage coloré, donna le nom significatif de « becquée », passe à l’histoire. En outre, le Père Migliorini avait insisté, semble-t-il, sur le caractère de « révélation divine » de ces pages, qui, détachées du contexte de l’oeuvre, pouvaient paraître provocantes par leur originalité, Surtout en ce temps-là. Par-dessus le marché, le bon Père commença à s’occuper d’au moins deux autres femmes qui, se jugeant investies d’une mission d’en-haut, avaient pris des initiatives qui sont demeurées discutables. Le résultat le plus évident en fut l’éloignement du Père Migliorini, qui, en 1946, sur l’ordre de ses supérieurs, dut quitter Viareggio pour Rome; mais il est vraisemblable que fut jointe à cette mesure l’interdiction de continuer à diffuser les copies dactylographiées.

A Rome, le Père Migliorini rencontra le Père Berti. Il lui apprit l’existence de Maria Valtorta et avec lui se mit à imaginer de quelle manière rendre possible et licite la publication des écrits valtortiens, même si l’harmonie de ses propres rapports avec leur auteur était de plus en plus ébranlée par une incompréhension croissante, qui atteignit parfois dans les lettres qu’ils échangeaient le ton polémique. Par la suite, les deux allaient cesser de s‘écrire.

En 1947, les Pères Migliorini et Berti, confrères dans l’ordre des Servites de Marie, réussirent à faire parvenir au pape Pie XII les 12 volumes dactylographiés de l’oeuvre. Après avoir pris connaissance du texte personnellement, le pape accorda une audience spéciale aux deux religieux et à leur prieur le Père Andrea M. Cecchin, en février 1948. Son jugement était favorable. Aussi conseilla-t-il de publier l’oeuvre sans rien enlever, pas même les déclarations explicites de rapporter des « visions » et des « dictées »; mais en même temps il n‘approuva pas le texte d’une préface qui parlait d’un phénomène surnaturel. Selon le conseil du pape, toute interprétation devait etre laissée au lecteur: « Qui lira comprendra ».

Rassurés par une telle réponse en haut lieu, les deux religieux se mirent en frais pour chercher un éditeur. Après quelques démarches sans résultat, leur enthousiasme les conduisit à l’imprimerie polyglotte vaticane. Ils y trouvèrent une bonne disposition à accepter le travail, qui, cependant, devait être soumis préalablement au Saint Office, où l’oeuvre finit par être sévèrement et inexplicablement bloquée en 1949. Le Père Berti fut forcé d’apposer sa signature au texte de la sentence du Saint Office sans avoir la liberté de parler, et l’ordre lui fut intimé de remettre au Saint Office les originaux autographes et toutes les copies existantes. Mais le Père, qui ne gardait à Rome que quelques-uns des originaux, s’empressa de faire de nuit le voyage à Viareggio afin de les rendre à leur propriétaire légitime; il n’apporta au Saint Office que les seules copies dactylographiées incomplètes et les doubles qui étaient alors en sa possession. Quelques personnalités qui, entre-temps, s’étaient intéressées à l’oeuvre, essayèrent en vain d’obtenir une nouvelle audience pontificale, suite à la demande que leur en avait faite Maria Valtorta elle-même qui était fort abattue.

Au début des années 50, l’oeuvre fut enfin retenue par notre maison. Nous ne voulûmes pas aller au fond ce cette affaire passée qui nous paraissait n’avoir obligé que les ecclésiastiques, et nous estimions avoir suffisamment de garanties dans le jugement suprême du pape et dans les attestations qu’avaient mises par écrit des personnalités indiscutablement compétentes et en pleine autorité. (Pour ces témoignages nous renvoyons au bulletin n° 19 de juin 1979, à partir de la deuxième colonne de la page 2). Mais, par-dessus tout, nous étions profondément convaincus que nous nous mettions au service d’une oeuvre sainte dont l ‘Eglise aurait beaucoup à se réjouir.

Notre évêque (qui était alors Mgr Fontevecchia), de qui nous obtenions l’imprimatur pour toutes les publications religieuses qui sortaient de nos presses, n’eut pas le courage de l’accorder à cette masse accaparante de feuilles dactylographiées, qu’il appréciait cependant et qu’il se faisait lire, étant sur le point de sombrer dans la cécité.

La première édition de l’oeuvre parut en quatre gros volumes, maintenant introuvables, le premier en 1956le dernier en 1959Elle ne portait pas de nom d’auteur: tel était le désir de Maria Valtorta qui ne voulait pas être connue de son vivant. L’oeuvre se répandit lentement, avec succès, sans rencontrer de difficultés.

Mais à la mort de Pie XII et après l’élection de Jean XXIII, qui favorisait une décentralisation marquée du gouvernement de l’Eglise par rapport à ses dicastères, les hostilités assoupies semblèrent se ranimer. La mise à l’index éclata comme un coup de foudre dans un ciel bleu, sans le préavis normal d’une admonition. Le décret de condamnation par le Saint Office était publié en première page de L ‘Osservatore Romano du mercredi 6 janvier 1960, Epiphanie du Seigneur, où paraissait aussi un article d’une colonne entière, sans signature, portant le titre: « Une vie de Jésus mal romancée ».

Le contenu de cet article, que nous pouvons, après 20 ans, relire avec une sérénité éprouvée, correspond à son titre, puisqu’il ne signale aucune erreur substantielle dans l’oeuvre.

L’auteur anonyme de l’article, après avoir fait remarquer l’absence de l’imprimatur, prescrit pour une telle publication, et l’inconsistance du rapprochement avec Dante que fait l’éditeur dans sa brève préface, décrit l’oeuvre comme n’étant qu’une longue vie de Jésus, prolixe et romancée, et dénonce l’abus de confiance dont auraient été victimes les illustres personnalités qui lui ont accordé leur appui. Il expose ensuite les motifs, qu’il dit facilement reconnaissables à tout lecteur armé d’une patience de bénédictin, pour lesquels le Saint Office a cru nécessaire de mettre l’oeuvre à l’Index des livres défendus (nous mettons en italique tous les passages de l’article):

la longueur des discours attribués à Jésus et à la très sainte Vierge; les interminables dialogues entre de nombreux personnages

Jésus est loquace à l’extrême, en véritable publicitaire, toujours prêt à se proclamer Messie et Fils de Dieu et à faire des exposés de théologie dans les termes mêmes qu ‘emploierait un professeur de nos jours

la très sainte Vierge a la faconde d’une propagandiste moderne; elle est présente partout, toujours prête à donner des leçons d’une théologie mariale mise à jour selon les plus récentes études des spécialistes actuels en la matière

le récit se déroule au rythme lent de vains bavardages; on y trouve de nouveaux faits, de nouvelles paraboles, de nouveaux personnages et tout un cortège de femmes à la suite de Jésus

quelques pages… plutôt scabreuses (dont deux exemples sont donnés: la confession de la pécheresse Aglaé à la Vierge Marie et une danse exécutée devant Pilate) suscitent imprévisiblement cette remarque particulière: l’oeuvre.., pourrait facilement tomber entre les mains de religieuses et des étudiantes de leurs collèges. Dans ce cas, la lecture de passages de ce genre… pourrait difficilement être faite sans danger ou dommage sur le plan spirituel

les spécialistes des études bibliques y trouveront certainement beaucoup d’erreurs historiques, géographiques et autres (qui cependant ne sont pas indiquées)

au milieu d’un si grand étalage de connaissances théologiques, on peut cueillir quelques perles qui ne brillent certes pas par leur orthodoxie catholique; et on en énumère quatre: 1) ici et là s‘exprime, au sujet du péché d’Adam et Eve, une opinion plutôt extravagante et inexacte; 2) l’affirmation que Marie peut être appelée la seconde-née du Père est suivie d’une explication qui, tout en évitant une hérésie authentique, n‘enlève pas l’impression fondée qu‘on veut construire une nouvelle mariologie qui dépasse facilement les bornes de la conformité théologique; 3) à propos d’une définition du Paradis qui y est donnée, on présente une notion hermétique et plus confuse que jamais, ce qui est heureux, car si on devait la prendre à la lettre, elle n‘échapperait pas à une censure sévère; 4) une autre affirmation au sujet de la sainte Vierge est qualifiée d’étrange et imprécise, mais on ne fait que la citer

l’oeuvre aurait donc mérité une condamnation même s’il ne se s’agit que d’un roman, ne serait-ce que pour des raisons d’irrévérence

mais en réalité l’intention de l’auteur va plus loin encore… l’auteur se révèle une femme qui déclare avoir été témoin de tout le temps messianique et se nommer Maria. Ces mots évoquent des souvenirs d’il y a environ une dizaine d’années, alors que circulaient certains textes dactylographiés volumineux, qui contenaient de prétendues visions et révélations. On sait qu‘alors I‘autorité ecclésiastique compétente avait défendu l’impression de ces textes dactylographiés et avait ordonné qu’ils soient retirés de la circulation. Et maintenant nous les voyons reproduits presque en entier dans la présente oeuvre. Cette condamnation publique de l’oeuvre par la Suprême Sacrée Congrégation est donc d’autant plus opportune, qu‘ils ‘agit de désobéissance grave.

Tels sont les passages essentiels que nous avons retenus de l’article.
Faisons maintenant les observations suivantes (les citations sont encore en italique):

1) L’auteur anonyme de l’article n’a pas réussi à trouver dans ces quelques 4,OOO pages imprimées en petits caractères, ne serait-ce qu’une seule erreur véritable et précise, mais seulement: quelques perles qui ne brillent certes pas par leur orthodoxie catholique; une opinion plutôt extravagante et inexacte; une affirmation dont l’explication limite le sens, tout en évitant une hérésie authentique; l’impression fondée qu‘on veut construire une nouvelle mariologie; une notion hermétique et plus confuse que jamais, de sorte que, si on devait la prendre à la lettre, elle n’échapperait pas à une censure sévère; une autre affirmation étrange et imprécise; des raisons d’irrévérence.

2) Il laisse échapper des éloges de l’oeuvre qui feraient l’envie de tout auteur religieux:

des leçons de théologie dans les termes mêmes qu‘emploierait un professeur de nos jours; des leçons d’une théologie mariale mise à jour selon les plus récentes études des spécialistes actuels en la matière; un si grand étalage de connaissances théologiques.

3) Il énonce une contre-vérité lorsqu’il affirme que, dans cette oeuvre, Jésus est loquace à l’extrême, en véritable publicitaire.., et que la très sainte Vierge Marie a la faconde d’une propagandiste moderne, est présente partout….

4) Il se montre superficiel ou incompétent en critique littéraire, à laquelle d’ailleurs il aurait dû renoncer, car elle ne peut apporter aucun critère qui ait sa place dans une censure ecclésiastique.

5) Il affirme, dans sa conclusion, le caractère avant tout disciplinaire des dispositions prises par le Saint Office.

Si le décret de condamnation issu de la Suprême Sacrée Congrégation du Saint Office nous chagrinait comme catholiques, nous étions cependant rassurés par cet article qui en expliquait les motifs. Nous nous sommes aussitôt rendu compte que l’Eglise, en frappant l’oeuvre de Maria Valtorta par une mesure légitime mais étrangère à son magistère infaillible, ne faisait que répéter un geste plusieurs fois posé dans son histoire, et toujours mystérieusement permis par Dieu, contre des personnes et des écrits dont, par la suite, elle aurait à se glorifier. Nous l’acceptâmes en silence.

Maria Valtorta, déjà entrée dans son inexplicable isolement psychique, allait mourir l’année suivante, le 12 octobre 1961. Le Père Migliorini, emporté par la maladie, s’était éteint en 1953. Avec l’étroite collaboration du Père Berti, nous avons trouvé le moyen de reprendre la publication de l’oeuvre selon des critères qui n’excluraient pas le respect dû à l’autorité de l’Eglise. Il s’agissait, au fond, de ne pas trahir une foi qui s’était enracinée en nous et d’empêcher que d’autres éditeurs, au cas où nous renoncerions à cette publication, s’approprient cette grande oeuvre et la fassent servir à d’autres intentions, pouvant même tirer profit de la condamnation ecclésiastique à des fins publicitaires.

En décembre 1961 après la parution des premiers volumes de la nouvelle édition qui allait en compter dix, le Père Berti fut de nouveau convoqué par le Sainte Office. Il y trouva une atmosphère de dialogue qui lui permit, entre autre, de rapporter les paroles de Pie XII en 1948 et de montrer les témoignages favorables qu’avaient formulés quelques personnalités, parmi lesquelles il y avait trois conseillers du même Saint Office: le Père Bea (devenu cardinal), Monseigneur Lattanzi et le Père Roschini. Suite à la demande qu’on lui fit d’un rapport et de quelques documents, le Père Berti dut retourner au Saint Office à quatre reprises en janvier 1962. Il put toujours s’entretenir avec le vice-commissaire, le Père Giraudo, dominicain, et en obtint, enfin, un jugement qui avait la forme d’une autorisation modérée: « Nous verrons comment l’oeuvre sera accueillie ».

Puis ce fut l’annonce d’un Concile oecuménique, et l’Église tourna ailleurs son attention. L’oeuvre de Maria Valtorta s’étant relevée du coup qu’elle avait subi, avait déjà repris le chemin, lent, silencieux et continu, de sa diffusion. Elle recueillit sans cesse des approbations et sema un bien incalculable pendant tout le pontificat de Paul VI. En 1966, l’Index des livres défendus fut supprimé et la censure des lecteurs et éditeurs qui en découlait fut abrogée, en vue d’une révision de toute la question, laquelle aboutit à une nouvelle réglementation en 1975.

Vers la fin de l’année 1978, un monseigneur de la Curie romaine, lecteur et amateur profond de l’oeuvre, et ami déjà du cardinal Wojtyla, conseillait à l’éditeur Emile Pisani d’offrir en hommage au Saint Père Jean-Paul II les dix volumes de l’oeuvre valtortienne. En janvier 1979, ce même monseigneur porta au palais apostolique le coffret contenant les volumes reliés, accompagnés d’une longue lettre écrite par lui-même et d’une autre plus brève de l’éditeur. Nous tentions ainsi de nous approcher du nouveau Pontife, qui aime tant le contact direct avec les fidèles et avec toute personne, sans discrimination aucune. Mais nous avons raison de croire que cette initiative, inspirée d’un sentiment sincère de dévouement filial, a été bloquée par la Secrétairerie d’Etat.

Il nous reste, pour le moment, la consolation de voir l’expansion prodigieuse de l’oeuvre de Maria Valtorta qui, sans recours à la publicité, rejoint ses lecteurs en Italie et à l’étranger, jusque dans les pays les plus éloignés, et nous en rapporte des échos du bien profond qu’elle accomplit dans les consciences, les éveillant à l’amour de Jésus-Christ et de son Eglise. Il y a là les signes d’une approbation qui, à nos yeux, commence à avoir une valeur ecclésiale, parce qu’elle montre que le peuple de Dieu, qui est Eglise, a reconnu l’oeuvre comme les disciples d’Emmaüs reconnurent le Seigneur, et il ne peut s’en détacher. Cette approbation prend du poids, lorsque, parmi ces fidèles lecteurs inconnus, ressortent des personnalités de renom qui attestent la grandeur de l’oeuvre, l’expliquent et s’en portent garantes. On ne peut les contredire sans porter atteinte à l’estime qu’a le monde catholique pour les champions de la doctrine sûre et des saintes moeurs.


Ecrit par Emile Pisani (Isola del Liri, Italie, 1981) et traduit de l’italien par Léo A. Brodeur (Sherbrooke, Canada, 1985).
Tiré du Bulletin d’informations valtortiennes, n°23, janvier-juin 1981, Editions Pisani, Isola del Liri (FR), Italie.
L‘éditeur Emile Pisani annonce avoir constitué, le 14 janvier 1985, la société éditrice CEV (Centre Editorial Valtortien), qui continuera de soigner la publication et la diffusion des oeuvres de Maria Valtorta
.


Le « bref avertissement » de la Commission Doctrinale, le 29/09/2021

… et les réponses…

Communiqué à l’attention des évêques de France, des religieux et des fidèles.

Le 18 octobre 2021

Version PDF

 

Depuis plus d’une décennie, un petit nombre d’auteurs anonymes censure la page Wikipédia française de Maria Valtorta. Leur but est de réduire l’œuvre de cette mystique catholique à sa mise à l’Index et ses rappels, afin d’en déconseiller la lecture. Ainsi suppriment-ils dans les heures qui suivent tout ajout positif, ou seulement factuel, même dûment sourcé. Il s’agit malheureusement d’une pratique courante sur cette encyclopédie alternative.

Beaucoup – journalistes, laïcs, religieux, prêtres, évêques – se laissent tromper par cette biographie partiale et à charge.

Or, le 29 septembre 2021 la Commission doctrinale de la Conférence des évêques de France a publié une note intitulée Bref avertissement au sujet de la diffusion de L’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta et qui, au regard de ses éléments et de ses omissions, semble reprendre en partie le narratif de ladite page Wikipédia.

Dans ce contexte, la Fondation héritière de Maria Valtorta, dépositaire de son droit moral, souhaite apporter des éléments propices à un discernement éclairé et mesuré.

 

1 – Catholicité de Maria Valtorta

Maria Valtorta, tertiaire des Servites de Marie, fut toujours accompagnée spirituellement par des prêtres, fréquenta assidûment les sacrements, et fit preuve d’une profonde obéissance et fidélité à l’Église catholique romaine. C’est sur demande de son directeur spirituel qu’elle écrivit, en 1943, son Autobiographie.

Sa dépouille repose dans la basilique de la Santissima Annunziata, à Florence, et la messe commémorative du cinquantenaire de sa mort fut célébrée par Mgr De Nicolò, ancien nonce apostolique et archevêque de Martana.

En 2019, un prêtre du Vicariat de Rome a commencé le recueil des témoignages sur la vie de Maria Valtorta afin d’établir les preuves de l’exercice héroïque de sa pratique des vertus chrétiennes, suite au mandat donné en ce sens à M° Carlo Fusco, avocat de la Rote et postulateur pour la cause des saints.

Fondation héritière de Maria Valtorta – Viale Piscicelli 91 – 03036 Isola del Liri (FR) – Italie 1/3 www.mariavaltorta.com – tél. +39 0776.807032

 

2 – Le contexte de la mise à l’Index

Le pape Pie XII, après lecture de l’œuvre, a conseillé sa publication le 26 février 1948.

Toutefois, l’année suivante, cette demande a été entravée par certains membres du Saint-Office qui menacèrent les évêques prêts à signer l’imprimatur (Mgr Michele Fontevecchia, Mgr Biagio Musto et le cardinal Giuseppe Siri), puis tentèrent de récupérer les originaux pour les faire disparaître.

Dix ans plus tard, en 1959 — juste après le décès du pape Pie XII —, ils placèrent à l’Index les écrits, maintenant connus sous le titre L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, pour raison disciplinaire (canon 1385 : défaut d’imprimatur) et non pour erreur dogmatique (canon 1399).

Ces difficultés doivent être replacées dans un contexte largement hostile aux mystiques.

Ainsi, ces mêmes membres du Saint-Office attaquèrent, à la même époque et avec des procédés analogues, sœur Faustine et le père Michel Sopoćko, sœur Yvonne-Aimée de Malestroit, Luigina Sinapi ou le Padre Pio.

Ces agissements ont contribué à la suppression de l’Index en 1966, ainsi qu’à la suppression de l’obligation de l’imprimatur pour ce type d’ouvrages en 1975.

 

3 – Sur le courrier de Mgr Tettamanzi

À la lettre de Mgr Tettamanzi du 6 mai 1992, qui autorisait la lecture de l’œuvre, mais demandait

« pour le bien des lecteurs et dans l’esprit d’un authentique service de la foi de l’Église, de déclarer clairement dès les premières pages que les “visions” et les “dictées” reproduites ne peuvent pas être considérées d’origine surnaturelle, mais comme de simples formes littéraires que l’auteur a utilisé pour raconter, à sa façon, la vie de Jésus », l’éditeur Emilio Pisani, et actuel président de la Fondation héritière de Maria Valtorta, répondit ne pas avoir l’autorité de déclarer de lui-même que les “visions” et les “dictées” pouvaient, ou non, être retenues d’origine surnaturelle. Mais il se dit prêt à imprimer sur tous les volumes une telle déclaration si elle était établie de manière officielle par l’autorité ecclésiastique compétente. Cette demande resta sans réponse.

A la même époque, le cardinal Ratzinger écrivit à Marcel Clément, rédacteur en chef de L’Homme Nouveau, pour l’autoriser, après un moratoire d’une année, à continuer d’évoquer Maria Valtorta dans son journal et à diffuser ses livres dans sa librairie.

Fondation héritière de Maria Valtorta – Viale Piscicelli 91 – 03036 Isola del Liri (FR) – Italie 2/3 mariavaltorta.com – tél. +39 0776.807032

 

4 – Précisions

La Fondation héritière confie la publication des écrits de Maria Valtorta exclusivement au Centro Editoriale Valtortiano (CEV) qui diffuse les ouvrages dans le monde entier, dans l’esprit de la note du Saint-Office du 14 juin 1966 : « l’Église fait confiance à la conscience mûre des fidèles, surtout des auteurs et des éditeurs catholiques ».

Convaincus de servir en Maria Valtorta une authentique révélation privée, nous agissons dans un esprit de pleine adhésion à l’Église catholique romaine, tout en distinguant, comme l’enseignent la Tradition et le Magistère, les révélations privées de l’unique Révélation publique.

La Fondation héritière, par la voix de son président, Emilio Pisani, se déclare étrangère à toutes tentatives d’instrumentalisation, notamment idéologique ou sectaire, qui pourraient être faites des ouvrages de Maria Valtorta et les désapprouve.

Par ailleurs, si les travaux des scientifiques sur l’œuvre fondent en raison sa crédibilité, la Fondation héritière a toujours laissé à l’écrivain la responsabilité de ses affirmations, et aux lecteurs la liberté de croire ou de ne pas croire.

Depuis plus d’un demi-siècle, des saints, des bienheureux, des papes — dont Pie XII, Paul VI et Jean-Paul II —, des cardinaux, des évêques, des théologiens, des biblistes, des chrétiens de toutes confessions ont lu, apprécié et recommandé ces écrits. En effet, loin d’éloigner de l’Église, cette lecture christo-centrée suscite des fruits abondants en termes de conversion, de sanctification et de zèle missionnaire.

Ainsi, les évêques chinois chargés de préparer en 2007 le synode sur La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église demandèrent à ce que les œuvres de Maria Valtorta continuent à être traduites dans leur langue « pour aider le peuple de Dieu à apprécier le message évangélique ».

La Fondation héritière se tient à la disposition des évêques et de tous ceux souhaitant approfondir leur connaissance de Maria Valtorta et de ses écrits.

Pour de plus amples informations, et pour nos communiqués officiels, nous vous invitons à consulter le site de la Fondation : mariavaltorta.com

Fondation héritière de Maria Valtorta

Contact Italie : Daniel Fiorletta – daniel@mariavaltorta.com – +39 351 840 8903

Contact France : Benoît de Fleurac – benoit@mariavaltorta.com – 06 07 73 36 64

 

Communiqué à l’attention de la Commission Doctrinale et des lecteurs.
Le 16 octobre 2021

Communiqué des Éditions Maria Valtorta (France)

Alors que « de nos jours la pratique dominicale tourne autour de 2%, et les baptisés avant l’âge de sept ans ne sont plus que 30% » (l’Eglise face a ses défis, page 48, Mgr de Moulins-Beaufort), la Commission Doctrinale (composée de 6 membres*), publie le 29 septembre 2021, un « bref avertissement sur les écrits de Maria Valtorta », créant de fait, une catégorie de parias, au sein même de l’Église catholique en France…
Comme le précise la journaliste Camille Lecuit dans le magazine Famille Chrétienne : « Devenu un véritable bestseller, l’ouvrage a été vendu depuis sa publication en 1956 à plus de 4 millions de volumes dans le monde et traduit en 27 langues ».

 

L’Église devrait se réjouir de ce cadeau du ciel pour notre temps déchristianisé !

Ce texte de la Commission précise à juste titre que de nombreux lecteurs (fidèles et prêtres) nourrissent leur foi avec l’Oeuvre « L’Évangile tel qu’il m’a été révélé« . Le récit, dicté à Maria Valtorta ne s’oppose en rien à l’Évangile, il en est parfaitement fidèle, simplement il le complète de toutes sortes de descriptions éclairantes. Quels en sont les fruits ? Une ferveur profonde en Jesus-Christ qui fut condamné et torturé par la calomnie des grands prêtres de l’époque.
Curieusement, le texte ne se donne pas la peine de présenter l’Oeuvre, il n’a pas été non plus précédé de rencontre, d’échange avec ceux qui s’efforcent depuis des décennies a répondre à la demande du Seigneur : « Et je vous dis encore: Prenez, prenez cette œuvre et ne la scellez pas, mais lisez-la et faites-la lire car le temps est proche » (Tome 10, chapitre 652)»

 

Nous apportons cet éclairage ici :

 

I – Qui est Maria Valtorta ?
Maria Valtorta est une mystique laïque italienne, clouée au lit depuis neuf ans, lorsqu’elle reçoit la vision de Jésus mourant sur la croix. C’est le Jeudi-Saint,  22 avril 1943. Commence alors une série ininterrompue de visions et dictées qui durent sept ans et demi, jusqu’au mois de novembre 1950.
Maria Valtorta consigne visions et dictées au fur et à mesure qu’elle les reçoit (122 cahiers au total, représentant 13.200 pages manuscrites). Les trésors de cette œuvre furent la nourriture des papes et des saints contemporains !
L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, est extrait des visions reçues de janvier 1944 à avril 1947. Publié dès 1956, l’Oeuvre rencontre un succès ininterrompu auprès d’un public varié. Pendant près de vingt ans, jusqu’en 1969, ce fut la seule œuvre publique de Maria Valtorta.

 

II – Rappels historiques
Depuis 2019, Maria Valtorta est « servante de Dieu ».
Une enquête en vue de recueillir les preuves de l’exercice héroïque des vertus chrétiennes a été confiée à un prêtre du prestigieux Vicariat de Rome, sous la conduite de Me Carlo Fusco, avocat de la Rote et postulateur pour la cause des saints (la Bienheureuse Catherine Emmerich a attendu 180 ans sa béatification).
Le cardinal Ratzinger a émis des réserves en 1985 sur cette Œuvre en raison des possibles incidences sur les chrétiens « les plus naïfs », mais il a fini par découvrir Maria Valtorta par les articles publiés à l‘époque dans l’Homme Nouveau, qu’il lisait. Il demanda par prudence légitime, à suspendre ces articles le temps d’une vérification. Il donna son blanc-seing à la reprise n’ayant trouvé aucune contrindications ou hérésie.
Jean-Marie DAVID indique « qu’il n’y a à notre connaissance aucune erreur théologique ou biblique qui ait pu être trouvée depuis 50 ans sur les 15.000 pages manuscrites de Maria Valtorta qui décrivent des dizaines de milliers de choses liées à la théologie ou à la Bible : devant un tel décalage et des choses aussi impossibles humainement, les faits ne parlent-ils pas d’eux-mêmes ? …
Le motif de la mise à l’Index (liste d’ouvrages à ne pas lire) de Maria Valtorta, était le défaut d’imprimatur, et pas du tout l’hérésie ou d’autres raisons. On peut s’en assurer en lisant le texte de l’Osservatore Romano du 6 janvier 1960. Ce motif est indiqué dans les premières lignes de l’article http://www.maria-valtorta.org/ValtortaWeb/MariaValtorta08.htm#Article
Rappelons que la depuis la « Notification de la Suppression de l’index des livres interdits », émise par le Vatican en 1966, l’index a perdu son caractère obligatoire et n’a plus valeur de censure.

 

III –  Des témoignages à foison
Voilà ce qu’en disait le Saint-Père PIE XII  « Publiez l’œuvre telle quelle. Il n’y a pas lieu de donner une opinion quant à son origine, qu’elle soit extraordinaire ou non. Ceux qui liront comprendront. » le 26 février 1948 (Osservatore Romano).
Ceci sera certifié plus tard par le P. Berti dans un écrit sous serment (Affidavit du 8 décembre 1978) et par le P. Cecchin qui en témoigna auprès du P. Peter Mary Rookey, un servite de Marie comme lui (La cause de béatification du P. Cecchin a été introduite en 2002 et le P. Rookey est connu pour son ministère de guérison.).

 

Mgr Laurentin (1917-2017) à propos de Maria Valtorta : « Sa longue vie de souffrance, vécue dans un abandon total à Dieu témoigne de sa sainteté »

 

Pour le père Daniel ANGE : « L’œuvre de Maria Valtorta fait parti des secours célestes qui viennent au secours de notre faiblesse et de notre tiédeur, pour rendre encore plus vivant l’Évangile de Jésus. »

 

Quant au « vénérable » Gabriel Allegra (qui effectua la première traduction totale de la Bible en chinois, et qui fut soutenu et approuvé par Pie XI et Paul VI), profond connaisseur des écrits de Maria Valtorta, il en devint un lecteur passionné dès 1965. Son procès de canonisation est en cours depuis 1984.

 

Mgr HAMILTON Pearce George, Archevêque métropolitain des îles Fidji et Père conciliaire : « il m’est impossible d’imaginer que quelqu’un puisse lire cet ouvrage monumental, avec un esprit ouvert, et ne pas être convaincu que l’auteur n’est autre que l’Esprit Saint de Dieu (6 juin 1986 Pro e contro Maria Valtorta, page 290)

 

Il existe de très nombreux témoignages https://www.editionsmariavaltorta.fr/des-temoignages/

 

IV – L’œuvre révèle des milliers d’informations.
Pourtant, Maria Valtorta est alitée, n’est jamais allée en Israël, et à l’époque Internet n’existe pas. Malgré cela, elle consigne par écrit les visions qui lui sont révélées, dont les détails s’avèrent exactes, précis, et vérifiables. L’évangile tel qu’il m’a été révélé montre une connaissance stupéfiante de la végétation locale, des coutumes, de la géographie, de l’archéologie, de la topographie, du plan des villes visitées par Jésus.

 

Maria Valtorta est au milieu de chaque scène, elle sent les parfums, la température, voit les personnages, entend les conversations, les enseignements. C’est une série, en temps réelle et unique, de la vie de Jésus, qui complète l’évangile.
L’œuvre mentionne •  5.000 données spatio-temporelles •  3.000 évocations bibliques •  750 témoins oculaires •  220 villages nommés •  50 édifices •  150 espèces végétales •  200 espèces animales •  50 types de minéraux •  etc… avec une exactitude des données dans plusieurs domaines, géologie, numismatique, minéralogique, artisanat, mythologique, philosophique, en religion, en médecine…

 

Contact : Antoine Clamagirand – antoine@editionsMV.fr

 

__________
*La Commission doctrinale est composées de 6 évêques : Mgr Laurent Camiade, Mgr Benoît Bertrand, Mgr Jean-Luc Bouilleret, Mgr Pierre-Marie Carré, Mgr Alexandre Joly, Mgr Jean Legrez.

Communiqué de l’Association Maria Valtorta
Le 27 octobre 2021

Version PDF

A l’attention de la Commission Doctrinale, du Président de la CEF, et des évêques de France.

L’Association Maria Valtorta approuve, et est solidaire, des réponses apportées par le Centro Editoriale Valtortiano, par les Editions Maria Valtorta, et les libres opinions de Messieurs Lavère et Debroise, experts en la matière.

Ayant découvert par hasard le communiqué de la Commission Doctrinale du 29/09/2021, l’Association Maria Valtorta regrette pour la forme, de ne pas avoir été destinataire du communiqué, et sur le fond, de ne ne pas avoir été sollicitée par aucun des membres de la Commission Doctrinale, dans la réflexion menée autour des écrits de Maria Valtorta.

L’association Maria Valtorta travaille pourtant depuis 20 ans à promouvoir l’Oeuvre de Maria Valtorta.

L’Association Maria Valtorta s’étonne de l’absence du dialogue fécond dont l’Eglise est accoutumée, et demande à la Commission Doctrinale, quel va maintenant être le mode de fonctionnement entre l’Eglise, et les lecteurs de Maria Valtorta de l’autre, puisque le « bref avertissement » semble vouloir créer de facto une catégorie à part, de catholiques. Qui va l’accueillir au sein de la Conférence des Évêques de France ?

L’association Maria Valtorta se voulant depuis toujours, respectueuse et obéissante à l’Église Catholique Romaine, demande à la CEF, après avoir pris avis auprès d’autorités ecclésiales, un interlocuteur au sein de la CEF pour avancer et comprendre la liste des difficultés.

Contact : Bruno Perrinet – associationmariavaltorta@gmail.com

Réponse personnelle au rédacteur du « bref avertissement« .

Par François-Michel Debroise, le 19 octobre 2021

 

Libre opinion en réponse au bref avertissement sur Maria Valtorta de la Commission Doctrinale.

 

Père,

Je vous prie de transmettre ma lettre au rédacteur de la note « bref avertissement au sujet de la diffusion de l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta ».

En effet, spécialiste de cette mystique, auteur de plusieurs livres sur elle et son œuvre, dont trois écrits avec Mgr René Laurentin ; webmestre du site Maria-Valtorta.org qui lui est consacré, j’entends publier ma lettre, non pas par souhait d’une polémique qui a déjà atteint son paroxysme sur des sujets autrement graves, mais parce qu’il faut répondre à la vague d’incompréhension et d’indignation soulevée par votre note qui, sur le fond comme sur la forme, interroge sur de nombreux points.

Les documents que votre note entend révéler sont intégralement publiés depuis 16 ans sur mon site consulté, à ce jour, par près de 4 millions d’internautes. Le devoir de vérité pour le discernement de tous, le nécessitait. C’est une évidence pour moi.

Mais si leur publication, au vu et au su de tous, n’a pas empêché le développement exponentiel du lectorat de Maria Valtorta que vous constatez et dont vous vous inquiétez, ce n’est pas parce que les fidèles et les clercs qui les ont consultés avant d’adhérer à la lecture de l’œuvre, seraient des naïfs ou des rebelles qu’il faudrait faire rentrer dans les rangs à coup de fouet d’une condamnation, mais parce que ces internautes ont appliqué le discernement requis par l’Écriture et le Magistère. Pour cela, ils ont consulté l’ensemble du dossier, une précaution que je ne retrouve pas dans l’avertissement que vous avez publié.

Le devoir de vérité (CEC § 2475 et suivants) s’impose à tous : aux fidèles, donc à moi, mais aussi et surtout aux pasteurs notamment quand ils revêtent l’habit de l’autorité.

Votre note respecte-t-elle ce devoir de vérité ? Jugez par vous-même.

Le lecteur de votre avertissement comprend-il que l’Index est aboli en droit et en conséquence ou pense-t-il, qu’il est toujours en vigueur ? S’il retient cette dernière proposition, comme le démontre 99% des réactions à votre avertissement – certaines pour se réjouir de l’opprobre, mais beaucoup plus pour s’en offusquer – c’est qu’il y a une atteinte au devoir de vérité, par omission.

Le lecteur qui cherche à prendre en compte l’avertissement moral qui subsiste à l’abolition – et vous avez raison – sait-il les raisons pour lesquelles l’Œuvre a été condamnée ou les imagine-t-il faute de le savoir ? S’il s’engage sur la seconde voie, c’est qu’il y a offense, par omission, au devoir de vérité car la suspicion remplace alors l’information.

Imagine-t-il qu’il s’agit d’une condamnation doctrinale puisque le titre de votre commission l’induit ? Les censeurs de 1960 n’en ont trouvé aucune dans leur article, et ce n’est pas faute de les avoir cherchées. Bien au contraire, ils signalent que Jésus « est toujours prêt à se proclamer Messie et Fils de Dieu et à faire des exposés de théologie dans les termes mêmes qu’emploierait un professeur de nos jours » ; que la Vierge Marie est « prête à donner des leçons d’une théologie mariale mise à jour selon les plus récentes études des spécialistes actuels en la matière » et enfin que l’Œuvre contient un « si grand étalage de connaissances théologiques ». C’est écrit noir sur blanc. Voilà donc un bon livre conforme à la meilleure théologie de l’avis même des censeurs !

Imagine-t-il que la condamnation vise la mauvaise romance de cette vie de Jésus comme l’indique le titre de l’Osservatore romano ? Mais le Saint-Office n’est pas une agence littéraire. Heureusement d’ailleurs car quand l’Index condamne « Les misérables » de Victor Hugo ou « Les trois mousquetaires » d’Alexandre Dumas en oubliant de condamner « Mein Kampft » d’Hitler ou « Das kapital » de K. Marx, on se doit de faire profil bas sur ce terrain.

Non, l’Œuvre n’a été mise à l’Index pour aucun de ces motifs, mais pour un simple défaut d’imprimatur (Canon 1385, 1 n.2 C.I.C. 1917) qu’elle avait pourtant obtenu et qui fut combattu en sous-main comme le rappelle le communiqué de la Fondation Héritière. Cela c’est le motif officiel, mais officieusement parce que certains membres du Saint-Office, en contradiction avec le Pape, n’aimaient pas les révélations privées et manifestations mystiques qui s’exprimaient par sainte Faustine, saint Padre Pio, Yvonne-Aimée de Malestroit … ou Maria Valtorta.

Le lecteur sait-il qui sont ces « personnages illustres » qui ont officiellement soutenu l’Œuvre de Maria Valtorta et que le censeur du Saint-Office taxe de naïveté ? Non ? Alors il y a omission, là encore.

Ce n’est rien moins que le confesseur de Pie XII, Recteur de l’Institut biblique pontifical qui ne trouve rien à redire sur l’exégèse.

Ce n’est rien moins que le doyen de la faculté pontificale du Latran qui reconnaît que l’Œuvre de Maria Valtorta est « préternaturelle » c’est-à-dire qu’elle ne peut être attribuée à l’homme et que rien, dans ces écrits, ne s’oppose à la Foi.

C’est enfin Mgr Carinci, un familier de Pie XII qui par deux fois, fera spécialement le voyage de Rome pour rencontrer Maria Valtorta. C’est lui qui écrira son remerciement « au Seigneur » pour nous avoir donné par Maria Valtorta, une œuvre « si élevée doctrinalement et spirituellement ».

C’est lui qui, avec d’autres, atteste dans sa correspondance, du soutien de Pie XII à l’Œuvre. Par sa fonction, il a eu à superviser 200 procès de béatification et 62 en canonisation, dont celui de Pie X dont il était un proche.

Qu’on me pardonne, mais ces « personnalités illustres » sont donc, pour moi et pour les lecteurs de Maria Valtorta, d’un calibre qui surpasse toutes les tentatives de discrédit auxquels certains se risquent de temps en temps, ici ou là.

« Si leur résolution ou leur entreprise vient des hommes, dit Gamaliel, elle tombera. Mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire tomber » (Actes 5, 38-39). Force est de constater qu’en plus de soixante-ans et sa traduction en 28 langues opérant les fruits de conversions, de vocations et de retours à Dieu, l’œuvre de Maria Valtorta n’est pas sur le point de disparaître

Votre avertissement vitupère, dans sa première partie, sur les prêtres qui accompagnent les lecteurs de Maria Valtorta, et dans sa dernière partie vilipende ceux qui n’ont pas une démarche d’Église. La cohérence de tout et son contraire m’échappe. Je ne suis pas le seul. Mais j’accepte mes limites.

Par contre vous évoquez une notion un peu absconse sur le piétisme individuel. Cette charge vise-t-elle mon engagement comme laïc en responsabilité pendant 18 ans (trois fois le maximum statutaire) dans une paroisse des banlieues populaires, en plus d’un engagement professionnel de 60h/semaine parfois, et de ma vie familiale et personnelle ?

C’est une bonne occasion de vérifier – et de m’en avertir – si j’ai trahi mon mandat d’Église, ne serait-ce qu’en pratiquant un prosélytisme coupable (CIC 1983, § 218).

Vous souhaitant bonne réception de ma brève réponse à un bref avertissement,

Avec mes sentiments respectueux.

François-Michel Debroise

 

 

Par Jean-François Lavère – le 19 octobre 2021

 

Chers amis et lecteurs de Maria Valtorta,

Pour votre information, voici copie du message adressée aux auteurs de la note de la Conférence Épiscopale mettant en garde les lecteurs de Maria Valtorta.

 


 

Durant deux mille ans le Magistère a souvent été amené à guider les fidèles à propos des révélations dites « privées », pour permettre à chacun de mieux discerner, dans ces écrits, ce qui peut « constituer un appel authentique du Christ à l’Église ». Il importe aussi, dans ce domaine, de ne pas négliger l’exhortation de saint Paul : « N’éteignez pas l’Esprit, ne méprisez pas les dons de prophéties ; examinez tout avec discernement, et retenez ce qui est bon… » (1 Th 5,19-21)

C’est à n’en pas douter ce que fit le bienheureux bibliste Gabrielle Allegra, béatifié par Benoît XVI, lorsqu’il témoigna longuement, en 1970, en faveur des écrits de Maria Valtorta et déclara notamment : « Maintenant, sans anticiper le jugement de l’Église, que dès à présent j’accepte avec une absolue soumission, je me permets d’affirmer qu’étant donné que le principal critère de discernement des esprits est le mot du Seigneur : « à leur fruits vous les reconnaîtrez » (Mt 3,20), et avec les bons fruits que le Poème produit dans un nombre toujours croissant de lecteurs, je pense que cela vient de l’Esprit de Jésus ». Il soulignait ainsi que la « condamnation » de 1961 ne mettait aucunement en cause le contenu de l’œuvre.

 

Quand, à la fin des années 80, le cofondateur du journal « l’Homme Nouveau » me demanda d’étudier la pertinence des innombrables données matérielles contenues dans ces écrits, je dois avouer ma grande réticence initiale, car ma formation scientifique me rendait assez méfiant envers les écrits des mystiques. Méfiance que la lecture des écrits attribués à C. Emmerich ou à M. d’Agreda n’avait fait qu’accroître. J’ai donc entrepris cette étude à contrecœur… Ce fut une plongée vertigineuse dans un abîme de connaissances ! J’y ai maintenant consacré près de 25 000 heures d’études, et cela dure depuis plus de vingt ans. Et j’ai le sentiment de n’avoir entrevu que la face émergée de cet iceberg  !

C’est que, d’un strict point de vue objectif, les écrits de Maria Valtorta présentent d’innombrables particularités qui leur confèrent une place unique dans le domaine de la littérature chrétienne. Et quelque soit l’opinion qu’on puisse avoir à leur propos, ils méritent infiniment mieux qu’une simple injonction du style « circulez, il n’y a rien à voir » tels que les prononçaient jadis les plus rustres des gardes-champêtres.

 

Voici très sommairement quelques éléments qui étayent cette affirmation :

1/ D’un point de vue « matériel »

5000 pages rédigées « sur le vif », d’un seul jet, en 3 ans ½, et pratiquement sans ratures.

Plus de 20 000 données matérielles vérifiées à ce jour, et couvrant un très large domaine de connaissances (astronomie, histoire, géographie, faune, flore, architecture, calendriers, monde rural antique, etc.)

Cohérence interne absolue du point de vue chronologique et astronomique, des déplacements des personnages et de leur psychologie. Et cela malgré le fait que les visions n’ont pas toutes été reçues dans un ordre chronologique.

Spécificité du langage des principaux personnages, cas unique dans la littérature.

Totalité du récit évangélique resitué (pour la première fois depuis 2000 ans !) dans un calendrier au jour le jour des trois années de vie publique de Jésus.

Cohérence tout au long du récit des multiples « renvois » (promesses, souvenirs, évocations de rencontres…)

Absence d’anachronismes malgré l’abondance de données.

Nombreux éléments vérifiés après la mort de l’auteur et totalement inconnus ou oubliés de son temps.

Connaissance authentique et peu commune des us, coutumes et croyances juives, romaines et grecques.

Exposé précis et crédible du contexte historico politique du premier siècle. Détails peu connus de la philosophie grecque.

Cette incroyable masse d’érudition reste très discrète, voire effacée, et donc insoupçonnable au plus grand nombre. Maria Valtorta elle-même ne semble pas en avoir eu conscience.

Documentation quasi invérifiable avant l‘arrivée d’Internet et a fortiori impensable à inclure au moment de la rédaction. Il a fallu quatre fois plus de temps pour vérifier les données que l’auteur n’en a mis pour rédiger son œuvre, et cette vérification est loin d’être achevée !

 

2/ D’un point de vue plus « religieux »

Multiples témoignages de conversions profondes et durables à la suite de la lecture.

Témoignages en faveur de l’œuvre de Cardinaux, d’Évêques, de Prêtres, de Religieux, de Saints et de Bienheureux, et d’innombrables lecteurs de tous pays et de toutes croyances.

Cohérences avec les quatre évangiles et avec la Tradition patristique.

Richesse de l’Enseignement attribué au Christ, en pleine conformité avec le Magistère.

Universalité de cette œuvre, qui dépasse le clivage des peuples et de leurs coutumes.

Résistance à l’érosion due au temps (la diffusion ne faiblit pas depuis plus de 60 ans).

Puissance des maximes et des sentences (plus de 800 répertoriées)

Plus de 3300 évocations ou références bibliques, couvrant l’ensemble du Canon des Écritures.

Des dizaines de points objets de débats exégétiques éclaircis par la limpidité du récit.

Indigence des arguments des opposants.

 

Compte tenu de l’ensemble des données figurant dans cette œuvre, totalement hors de portée de n’importe quel être humain, aussi érudit soit-il, le scientifique s’indigne qu’on puisse ignorer ces écrits, source de tant d’informations pertinentes sur l’époque du séjour terrestre de Jésus. Il reste stupéfié et sans réponse quant à l’origine possible de ces connaissances…

 

… Le croyant, lui, élève son regard et ne peut qu’envisager une origine « extra naturelle ». Une seule question se pose alors : l’inspiration est-elle divine ou satanique ? Il est prêt à accueillir avec attention, sérénité, bienveillance et reconnaissance toute déclaration de la Commission doctrinale, rédigée au nom des Évêques de France, qui a minima lui apporterait des éléments de réponse. Hélas il découvre un document uniquement « à charge », succinct, incomplet, et inexact qui ne grandit certes pas ses auteurs, et pourrait même semer le doute sur l’honnêteté de leur intention. Était-il vraiment utile de jeter, à nouveau et arbitrairement, l’opprobre sur cette œuvre exceptionnelle et s’obstiner à rechercher uniquement le moindre grain de sable dans cette montagne d’or ? (selon l’opinion d’un missionnaire). Quand bien même on aurait enfin découvert quelque erreur théologique dans cette merveille doctrinale, ne suffirait-il pas de la signaler aux lecteurs insuffisamment formés ?

Le conseil avisé de saint Jérôme sur les écrits de son temps ne serait-il plus d’actualité pour Maria Valtorta : « Je crois qu’il y a dans Origène des livres qu’on peut lire à cause de l’érudition qu’ils renferment, ainsi que dans Tertullien, Arnobe, Novat, Apollinaire et d’autres écrivains grecs et latins, avec la précaution de n’y prendre que le bon, et de laisser le mauvais… » (Lettre à Tranquillin).

 

Ce communiqué de la Commission doctrinale est-il digne de ses auteurs ? Est-il susceptible de conforter dans leur foi les innombrables lecteurs ayant témoigné des bienfaits spirituels reçus de cette lecture, de leur retour à la pratique religieuse, ou même de leur conversion ?

C’est à Dieu seul d’en juger…

 

JF Lavère,

chercheur, auteur de plusieurs études et ouvrages sur les écrits de Maria Valtorta.

 

 


LA SERVANTE DE DIEU

Par François-Michel Debroise

Ce n’est pas la première fois que Dieu choisira des petits, et pas des savants.

La béatification d’une personne n’est faite qu’en regard de sa pratique héroïque des vertus et non en regard de ses écrits mystiques. Ce serait alors les cautionner, ce que l’Église ne fait jamais pour des révélations privées, même si Elle les accueille « d’une foi humaine ».

Depuis 2019, une enquête en vue de recueillir les preuves de l’exercice héroïque des vertus chrétiennes a été confiée à un prêtre du prestigieux Vicariat de Rome (le diocèse même du Pape) sous la conduite de Me Carlo Fusco, avocat de la Rote et postulateur pour la cause des saints.

Attendons le résultat, puisque la Bienheureuse Catherine Emmerich a attendu 180 ans sa béatification.

  • le Doyen de la faculté pontificale du Latran (la plus romaine des universités) ;
  • le fondateur de l’université pontificale mariale. Ce grand mariologue affirme dans le livre qu’il envoie à Paul VI : « je me sens obligé d’avouer candidement que la mariologie qui se dégage des écrits publiés et inédits de Maria Valtorta a été pour moi une vraie découverte. Aucun autre écrit marial, pas même la somme de tous ceux que j’ai lus et étudiés, n’avait été en mesure de me donner sur Marie, chef-d’œuvre de Dieu, une idée aussi claire, aussi vive, aussi complète, aussi lumineuse et aussi fascinante, à la fois simple et sublime, que les écrits de Maria Valtorta. » ;
  • le Secrétaire de la congrégation pour la cause des saints qui dirigea 200 procès en béatification et 62 en canonisation, dont celui de Pie X de qui il était un familier ;
  • le confesseur de Pie XII, Recteur de l’Institut biblique pontifical.

Leurs écrits sont reproduits en fac-similé dans un ouvrage à sa septième réédition : Pro e contro Maria Valtorta et les originaux sont consultables à la Fondation héritière de Maria Valtorta.

Le Vatican n’est pas une agence littéraire chargée de savoir si une vie de Jésus est bien ou mal romancée. Le seul motif de la mise à l’Index est porté en début en fin d’article : le défaut d’imprimatur. Dire le contraire est mentir par omission ou interpréter. Or cet imprimatur a été accordé dès 1948, dans la foulée de l’audience papale, par Mgr Costantino Barneschi. C’est imprimé noir sur blanc sur le premier fascicule.

L’Œuvre aurait été interdite dès 1949 proclame-t-on après la mort de Pie XII ? Trouve-t-on une trace de cette condamnation dans les Actes du Saint-Siège, dans une lettre officielle ? On la cherche sans succès depuis 70 ans. Elle n’existe pas.

Par contre quelques personnes se crurent autorisées à juger le jugement du Pape qui soutenait l’Œuvre. En doute-t-on ? Il y a au moins six ou huit témoignages qui le confirment : cela s’appelle l’attestation multiple que l’histoire retient.

En 1952, Mgr Giovanni Pepe, en charge de la censure des livres, passa outre à l’avis de Pie XII pour la mise à l’Index de 8 livres parlant du Padre Pio. Belle obéissance ! Beau discernement ! Cela lui valut son éviction. Avis majoritaire car le cardinal Frings dénonça sous un tonnerre d’applaudissements, en novembre 1963, le scandale des procédures du Saint-Office qui avait fini par se croire plus pape que le Pape, et se vit retirer cet Index qu’on ne peut ressusciter.

Le cardinal Ratzinger a émis des réserves en 1985 sur cette Œuvre en raison des possibles incidences sur les chrétiens « les plus naïfs », mais il a fini par découvrir Maria Valtorta par les articles publiés à l‘époque dans l’Homme Nouveau, qu’il lisait. Il demanda par prudence légitime, à suspendre ces articles le temps d’une vérification. Il donna son blanc-seing à la reprise n’ayant trouvé aucune contrindications ou hérésie. Une fois devenu Pape, il béatifia deux soutiens affichés de Maria Valtorta.

L’avis de la conférence des évêques Italiens ? « ne peuvent pas être retenues d’origine surnaturelle, mais elles doivent être considérées comme de simples formes littéraires que l’auteur a utilisé pour raconter, à sa façon, la vie de Jésus. » introduit une différence essentielle entre « ne sont pas d’origine surnaturelle » et « ne doivent pas être considérées comme ». Cet avis est totalement conforme à l’avis de Pie XII (« qui lira, comprendra ») et à la législation de l’Église en matière de révélations privées qui n’engagent ni la foi, ni l’Église. En effet, elle ne les tient pour crédibles que « de foi purement humaine » et précise que même reconnues, elles n’appartiennent pas au dépôt de la Foi.

Depuis sa fondation, le Christ renouvelle constamment son Église : d’effusions successives de l’Esprit en conciles, de grands réformateurs en puissantes révélations privées… De tous temps, l’Esprit-Saint nous remémore ce que Jésus nous a légué (cf. Jean XIV, 26) et nous invite à en saisir graduellement toute la portée pour aller plus en profondeur (Catéchisme de l’Église catholique ou CEC, § 66).

Il en est ainsi de l’Évangile. À plusieurs époques, des mystiques eurent la vision des scènes de l’Évangile, la plupart vécurent la Passion de diverses manières. Il en fut ainsi pour Marie d’Ágreda au XVIIe siècle ou d’Anne-Catherine Emmerich au XIXe. Mais aucune n’eut des visions aussi complètes et aussi précises que Maria Valtorta (1897-1961).

Dans d’autres cas, les hommes, croyant bien faire, voulurent « perfectionner la perfection[1] » selon le mot de Jésus à Maria Valtorta. Mais en modifiant ainsi ce que le Ciel avait si parfaitement confié aux voyantes, ces hommes ont gravement altéré les révélations primitives. Les visions de Maria
Valtorta sont donc de pure source : c’est là leur valeur, une valeur à préserver.

 

Née le 14 mars 1897 à Caserte (Campanie), près de Naples, en Italie du Sud, Maria Valtorta est une mystique laïque catholique. Fille unique issue d’une famille cultivée mais modeste, elle suit des études secondaires classiques pour une fille de son époque, mais ne poursuit pas au-delà sur injonction de sa mère.

Il n’en est pas de même de sa spiritualité qui se développe à la lecture de Thérèse de Lisieux et lui fait entrevoir son chemin d’abandon confiant à l’Amour miséricordieux. En 1920, le jour de son 23e anniversaire, un jeune anarchiste lui brise les reins d’un coup de barre de fer.

Elle découvre alors la voie paradoxale de la souffrance aimante qui l’amène au don de sa vie comme hostie. « Ô mon Bien-Aimé, confie-t-elle dans un acte d’offrande, par la croix que je te demande, par la vie que je t’offre, par l’amour auquel j’aspire, fais de moi une heureuse victime de ton Amour miséricordieux [2]. »

Contrariétés et souffrances s’accumulent alors, pendant que les grâces abondent encore plus. À 37 ans, elle est clouée au lit et y demeure 27 ans, jusqu’à sa mort, alors que tous les médecins la voient condamnée à court terme dès le début. En 1943, elle croit sa mort proche et l’accueille avec sérénité. Son confesseur, frappé de sa grandeur d’âme, lui demande d’écrire sa biographie, ce qu’elle fait en deux mois.

C’est alors qu’elle reçoit sa première vision de la vie de Jésus en Palestine, il y a 2000 ans. Ses visions durent jusqu’en 1947, constituant un panorama précis des 1 218 jours de la vie publique de Jésus dont elle décrit un jour sur trois. C’est un descriptif minutieux et vivant complété par des scènes de l’Évangile de l’enfance, de la jeunesse de Marie et des premiers temps de l’Église. Dans le même temps, son intimité avec le Christ la rend dépositaire de leçons pour notre temps[3]. Elle écrit 15 000 pages sur 122 cahiers d’une traite et sans rature, puis les visions qu’elle nous rapporte cessent brutalement, mais l’intimité avec Jésus demeure. Son œuvre complète, tous titres confondus, est diffusée à ce jour à plus de quatre millions de volumes dans le monde entier, dans 27 langues.

Inconnue de son vivant, Maria Valtorta meurt le 12 octobre 1961 à Viareggio, en Toscane, près de Lucques (Italie du Nord) quelques années après la publication, alors anonyme, de ses écrits, il y a 60 ans. Elle est enterrée à Florence dans la basilique de la Santissima Annunziata, haut-lieu des Servites de Marie (elle était membre du tiers-ordre de la congrégation). En avril 2001, ceux-ci demandent l’introduction de sa cause en béatification. Le 15 octobre 2011, la messe du 50e anniversaire de sa mort est présidée à Florence par un ancien nonce apostolique.

Son œuvre principale finit par être publiée sous le titre de L’Évangile tel qu’il m’a été révélé [4]. Ce titre est repris de la façon familière dont elle désignait ses visions et non pas de l’affirmation anathème d’un nouvel Évangile.

Ce livre fut en butte à de nombreuses controverses dont la plus étonnante fut sa mise à l’index [5]. Ce n’est pas en soi une surprise car, à la même époque, le Saint-Office condamnait les révélations de sainte Faustine [6] et « persécutait » Padre Pio selon le mot d’une de ses biographes [7]. La surprise vient plutôt de ce que la mise à l’index frappa une publication encouragée par Pie XII lui-même après la lecture personnelle qu’il en avait faite. Il avait conclu son audience [8] par cet imprimatur, verbal il est vrai, mais attesté par les témoins : « Publiez l’œuvre telle quelle. Il n’y a pas lieu de donner une opinion quant à son origine, qu’elle soit extraordinaire ou non. Ceux qui liront, comprendront. »

Il va sans dire que la mise à l’index n’intervint qu’après la mort du Souverain Pontife et qu’elle ne fit pas l’unanimité [9]. La seconde contradiction vient de l’ignorance où l’œuvre fut longtemps cantonnée, officiellement considérée comme « une vie romancée de Jésus ».

Pourtant pas moins de trois recteurs d’universités pontificales [10] attestèrent de la valeur dogmatique et exégétique de ces écrits. Deux saints et deux bienheureux en recommandèrent la lecture[11]. Mère Teresa l’emmenait dans ses déplacements avec sa Bible et son bréviaire [12]. L’Église du Kerala, en Inde, salua unanimement la traduction de l’œuvre en sa langue [13] et les évêques chinois appelèrent à poursuivre la traduction dans la leur [14].

En effet, à l’usage, on s’aperçoit de la puissance de cette révélation privée sur ses lecteurs qui redécouvrent ainsi la beauté de l’Évangile éternel, retournent à Dieu, voire même se convertissent.

Peut-on redécouvrir l’Évangile à l’occasion d’une révélation privée ?

Oui, c’est même fait pour cela dit l’Église dans son Catéchisme : « Le rôle des révélations privées, même reconnues, n’est pas « d’améliorer » ou de « compléter » la Révélation définitive du Christ, mais d’aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l’histoire » (CEC, § 67).

Même si elles n’appartiennent pas au dépôt de la Foi, elles ne doivent en aucun cas être dépréciées (le cardinal Ratzinger au sujet de Fatima [15]) ni méprisées, dit saint Paul qui enjoint de les examiner pour les discerner et en garder le meilleur [16].

Que peut donc apporter de telles révélations privées, et notamment les visions de Maria Valtorta ?

1 – D’abord et principalement la confirmation de l’Évangile éternel tel qu’il nous est transmis par la tradition. Les écrits de Maria Valtorta balayent toutes les hypothèses hostiles qui, sous couvert de rectitude scientifique, veulent en faire une révélation manipulée, dégénérée, affabulée ou incomplète [17].

2 – Ils les balayent non par le recours à l’autorité du Magistère, que l’incroyance conteste, mais par l’arme même qui sert à l’attaquer : l’approche scientifique. Désormais, avec l’accès collectif aux ressources en ligne, tout peut se vérifier et se vérifier par tous. Dans les dernières années, plusieurs études ont été publiées [18], mettant à jour des connaissances surprenantes des récits de Maria Valtorta dans des domaines aussi divers que l’archéologie, l’histoire, la géographie, la géologie, la botanique, la zoologie, la chronologie, les us et coutumes, etc. L’humble Maria Valtorta, grabataire, ne pouvait disposer, en aucun cas, de toutes ces connaissances rares vérifiées sur 12 000 données de l’œuvre.

3 – La mise en situation du lecteur qui devient un disciple parmi les disciples : il est pèlerin, à travers le temps et l’espace, à la suite de Jésus. La lecture, pourtant longue (5 000 pages en dix volumes) se fait captivante : l’œuvre se lit et se relit, sans épuisement.

4 – Un éclaircissement sur des points qui semblent contradictoires ou obscurs, mais qui ne le sont pas : dans Maria Valtorta, les récits de l’Évangile sont tous d’une simplicité évangélique. De multiples exemples peuvent illustrer ce propos. On se reportera avec profit à l’épisode de la Cananéenne dans lequel Jésus fait montre, dans l’Évangile, d’une dureté qui n’a rien à voir avec le reste de son attitude [19]. L’explication est lumineuse et riche d’enseignements dans Maria Valtorta [20].

5 – Une restauration de l’Évangile authentique écorné parfois par le temps et de multiples traductions qui actualisent le texte initial au point que plusieurs versions sont nécessaires pour restituer la lumière primitive des textes. Il en est ainsi du « sabbat second premier » (Luc VI, 1) que mentionne la Vulgate, mais qui a disparu des bibles contemporaines, mises à part les bibles protestantes qui n’en explicitent pas le sens, si évident dans Maria Valtorta [21].

Jésus révèle à un mystique, Don Michelini [22], que l’œuvre de Maria Valtorta est appelée à un grand avenir dans « l’Église renouvelée ». L’exemple des saints qui s’en nourrirent, démontre qu’on ne peut prendre cette prophétie à la légère.

Il n’y a pas d’obligation à ouvrir la première page de cette œuvre, seulement une invitation, celle d’un Pape qui refermait la vie de Jésus de Maria Valtorta en concluant : « Qui lira, comprendra. »

[1]                Catéchèse du 28 janvier 1949, Quadernetti, inédits en français.
[2]                Cahiers, notes du 10 février 1946.
[3]                Publiées dans la série des trois Cahiers, du Livre d’Azarias et dans les Leçons sur l’épître de saint Paul aux romains.
[4]                Ce titre s’est substitué au titre primitif des éditeurs : Le Poème de l’Homme-Dieu. Il n’y a plus que l’édition allemande qui conserve l’ancien titre : Der Gottmensch.
[5]                Décret du 16 décembre 1959, publié dans L’Osservatore romano du 6 janvier 1960.
[6]                Décret du 6 mars 1959.
[7]                Cardinal Giacomo Lercaro, archevêque de Bologne dans son allocution du 8 décembre 1968. Rapporté dans Luigi Peroni, Padre Pio, le saint François du XXe siècle, page 175.
[8]                Audience du 26 février 1948.
[9]                Décembre 1960 : entretien du Père Berti avec le Père Marc Giraudo, commissaire du Saint-Office. La condamnation datait de l’année précédente.
[10]              Mgr Ugo Lattanzzi, doyen de l’université pontificale du Latran ; le Père Auguste Bea, recteur de l’institut biblique pontifical et confesseur de Pie XII ; Le père Gabriel Roschini, fondateur de l’université pontificale mariale Marianum.
[11]              Padre Pio, Mère Teresa, Père Gabriele Allegra, Mère Maria Inès du Très Saint-Sacrement.
[12]              Témoignage du Père Leo Maasburg.
[13]              Lettre du Cardinal Anthony Padiyara (1992) et des évêques du Kerala.
[14]              Site du Vatican : préparation du synode d’octobre 2008, 12ème assemblée ordinaire, note n° 9.
[15]              Site du Vatican : Commentaire théologique sur le 3ème secret de Fatima, 26 juin 2000.
[16]              1 Thessaloniciens V, 19-21.
[17]              Voir « L’Adieu à l’œuvre », EMV, Tome 10, chapitre 652 (ancienne édition : Tome 10, chapitre 38).
[18]              Pour la seule recherche francophone, voir les ouvrages de Jean Aulagnier, Père Yannik Bonnet, Jean-Marcel Gaudreault, Mgr René Laurentin et Jean-François Lavère. D’autres travaux sont inédits. La revue Chrétiens Magazine fait régulièrement le point sur divers travaux touchant Maria Valtorta.
[19]              Cf. Matthieu XV, 21-28 et Marc VII, 24-30.
[20]              EMV, Tome 5, chapitre 331 (ancienne édition : Tome 5, chapitre 19).
[21]              EMV, Tome 3, chapitre 217, (ancienne édition : Tome 3, chapitre 79).
[22]              Confidences de Jésus à ses prêtres et à ses fidèles, éditions du Parvis, 1990, dictée du 19 septembre 1975.


Le vénérable Gabriel Allegra

Une personne décédée, en ayant une réputation de sainteté, sera dite vénérable lorsque « l’héroïcité des vertus » de la personne a été reconnue par l’Église catholique.

Gabriel Allegra, O.F.M. (Ordre Franciscain Mineurs). Fondateur d’un Institut biblique, il effectua la première traduction totale de la Bible en chinois. Son travail fut soutenu et approuvé à la fois par Pie XI et par Paul VI. Profond connaisseur des écrits de Maria Valtorta, il en devint un lecteur passionné dès 1965, lorsqu’il reçut du père Fortunato Margiotti les 4 tomes de la première édition intitulée Il Poema dell’Uomo-Dio.

Pour présenter cette oeuvre à d’éventuels traducteurs, ce réputé bibliste en fit à Macao, en 1970, une présentation de 11 pleines pages dactylographiées, concernant tout à la fois l’auteur, Maria Valtorta, et son ouvrage. Son procès de canonisation a été ouvert en 1984 à Hong Kong, et le 23 avril 2002, fut promulgué le décret qui conclut la cause de Béatification de Gabriel Allegra O.F.M. Il a été déclaré Vénérable par Jean-Paul II le 15-12-1994, et le 23 avril 2002 fut promulgué le décret d’approbation d’un miracle attribué à son intercession.

Voici le point de vue du vénérable Gabriel Allegra sur l’Oeuvre de Maria Valtorta : cet avis a une grande autorité !

Voici des extraits de ce message de 11 pleines pages dactylograpiées, donné à Macao en 1970  : L’évangile tel qu’il m’a été révélé contient, ou plus exactement, est une série de visions dont fut témoin l’Auteur (Valtorta), comme si elle en avait été contemporaine.
Elle voit et entend donc ce qui concerne la vie de Jésus à partir de la naissance de la Très Sainte Marie, ce qui eut lieu par une grâce divine dans un âge avancé d’Anne et Joachim, jusqu’à la Résurrection et l’Ascension du Seigneur, ou mieux, jusqu’à l’Assomption au Ciel de la Vierge Bénie.
En témoin auditif, elle commence par la description de la localisation de la scène qu’elle contemple, elle rapporte les conversations des foules et des disciples puis, en fonction de ce qu’elle voit ou entend, elle décrit les miracles, relate les discours du Seigneur, ou les dialogues de ceux qui sont présents avec Lui ou avec les disciples, ou les dialogues entre eux.
Cette ré-évocation de la vie de Jésus, de son temps et de son entourage, dans ses divers aspects physiques, politiques, sociaux, familiaux, est effectuée sans effort. L’Auteur rapporte ce qu’elle a vu ou entendu. Son style n’est pas de la grande érudition qu’on remarque dans les plus célèbres vies de Jésus. C’est plutôt le rapport d’un témoin oculaire et auditif.
Si Marie-Madeleine ou Jeanne de Chousa avaient pu, durant leur vie, voir ce que Maria Valtorta voit, et si elles l’avaient écrit, je pense que leur témoignage ne serait guère différent de celui de L’évangile tel qu’il m’a été révélé.
Maria Valtorta observait avec une telle précision les lieux et les personnages de ses visions que quiconque s’est déplacé en Terre Sainte pour des études et s’est imprégné continuellement des Évangiles n’a besoin d’aucun effort excessif pour reconstruire la scène.
Qu’un romancier ou un auteur de génie puisse créer des personnages inoubliables est un fait connu, mais, des nombreux romanciers ou auteurs qui ont approché l’Évangile pour l’utiliser dans leur création, je n’en connais aucun qui en ait tiré une telle richesse et en ait tracé avec une telle force et de façon si plaisante les figures de Pierre, de Jean, de Marie-Madeleine, de Lazare, de Judas – spécialement de Judas et de sa tragique et pitoyable mère, Marie de Simon – et de tant et tant d’autres (et je ne parle pas maintenant de Jésus et de Marie), comme le fait Maria Valtorta le plus naturellement et sans le moindre effort.

Ce qui est le plus impressionnant, du moins pour moi, ce sont les discours du Seigneur. Bien évidemment ce sont tous ceux qui sont dans les saints Évangiles, mais développés, de même que sont développés bon nombre de thèmes qui dans les Évangiles sont à peine esquissés ou évoqués. Il y a en outre, beaucoup d’autres discours relatés, qui ne sont pas dans les Évangiles mais que les circonstances conduisent Jésus à prononcer. Ceux-là aussi sont bâtis comme les précédents (ceux trouvés dans les Évangiles). C’est le même Seigneur qui parle, soit qu’Il adopte le style de la parabole – L’évangile tel qu’il m’a été révélé comporte quelques 40 paraboles, – soit le style d’exhortation, ou le style prophétique, ou finalement lorsqu’Il utilise le style sapientiel en usage parmi les rabbins à son époque du Nouveau Testament. Donc, à côté des grands discours des Évangiles (comme celui sur la Montagne, celui de l’envoi en Mission, le discours schatologique, ceux de la dernière Semaine et de la dernière Cène), il y en a d’autre dans L’évangile tel qu’il m’a été révélé qui expliquent le Décalogue, les œuvres corporelles et spirituelles de pitié, ou ceux qui constituent des instructions spécifiques pour les hommes et les femmes disciples, aux personnes en particulier, et aux auditeurs juifs ou gentils… Finalement, il y a les discours sur le Royaume de Dieu ou plus clairement sur l’Église, prononcés avant la Passion (comme le colloque entre le Seigneur et son frère/cousin Jacques, sur le Carmel), et ceux qui sont ensuite développés après la Résurrection, alors que le Seigneur parle aux Apôtres et aux disciples sur le Tabor, et sur un autre mont de Galilée, dont le thème est indiqué dans St Luc par la simple phrase « parlant du Royaume de Dieu ».
Considérant le contenu traité dans ces discours, on y trouve tout le contenu de la Foi, la Vie, et l’Espérance chrétiennes. Le ton et le style ne se démentent jamais, et restent toujours le même, clair, fort, prophétique, parfois plein de majesté, parfois débordant de tendresse. J’en fournirai quelques exemples. Nous connaissons l’effort des plus grands exégètes pour situer et expliquer dans leur contexte par exemple le colloque avec Nicodème, le discours sur le Pain de Vie, ou les discours de polémique théologique prononcés à Jérusalem : combien d’efforts réalisés, et combien variés ! Dans L’évangile tel qu’il m’a été révélé leur connexion est spontanée, naturelle, comme découlant logiquement des circonstances.

Ce qui est dit des discours est valide pour les miracles. Dans L’évangile tel qu’il m’a été révélé il y en a tant, que l’Évangile les regroupe en une phrase : et Il les soignait et les guérissait tous. Il y a aussi quelques faits auxquels ni les exégètes, ni les romanciers, ni les apocryphes n’avaient songé. Par exemple, l’évangélisation de la Judée dont il est fait allusion en St Jean (Jn 3, 22) au début du ministère de Jésus ; l’apostolat miséricordieux du Seigneur en faveur des Samaritains, des pauvres, des paysans de Doras ou de Giocana, des habitants du pauvre quartier d’Ophel, des voyages continuels du Maître à travers tout le territoire des douze anciennes tribus, et le complot ourdi par quelques uns de bonne foi et beaucoup de mauvaise foi pour Le proclamer Roi, et ainsi Le détruire plus facilement par les mains romaines – un plan auquel Jean (6,14-15) fait très sobrement allusion.Et comment oublier l’héroïque fidélité des douze bergers de Bethléem et le double emprisonnement du Baptiste ? Et ceux convertis par le converti Zachée, et ceux que Jésus sauva matériellement, comme Syntica, Aurea Galla, Benjamin de Aenon ? Ou encore les dernières voix prophétiques du peuple élu : Sabea de Betlechi, le lépreux samaritain guéri, Saul de Kerioth ? Ou comment oublier les relations de Jésus avec Gamaliel, avec quelques membres du Sanhédrin, avec un groupe de femmes païennes gravitant autour de Claudia Procula, la femme de Ponce Pilate ? Ou l’histoire et la figure de Marie-Madeleine, ou du jeune Marziam ? ou celle de chaque Apôtre, dont le caractère personnel s’imprime de façon indélébile dans le cœur du lecteur attentif : tout spécialement ceux de Jean, Pierre et Judas et de sa pieuse et malheureuse mère ?

Et combien en avons-nous appris de la politique, la religion, l’économie, la vie sociale et familiale de la Palestine au Ier siècle de notre ère, même à partir des discours des plus humbles – et surtout d’eux, – que rapporte Maria Valtorta, témoin oculaire et auditif !

On peut dire que dans cette œuvre le monde palestinien du temps de Jésus revient vivre devant nos yeux, tandis que le meilleur et le pire du caractère du peuple élu – le peuple des excès et méprisant toute médiocrité – jaillit vivant devant nous.

L’évangile tel qu’il m’a été révélé nous est présenté comme complètant les quatre Évangiles et une longue explication d’eux ; Maria Valtorta est l’illustrateur des scènes de l’Évangile : explication et compléments, justifiés en partie par les mots de St Jean : « Il y a beaucoup d’autres prodiges que Jésus fit devant ses disciples, qui ne figurent pas dans ce livre… » (Jn 20,30) et « Jésus fit beaucoup d’autres choses qui, si elles devaient être écrites une à une, je pense que le monde entier ne pourrait contenir les livres à écrire » (Jn 21,25). Explication et complètement, justifiés, je le répète, seulement en partie ou en principe, étant donné que, du point de vue historico-théologique, la Révélation a été close avec les Apôtres, et tout ce qui est ajouté au dépôt révélé, même s’il ne le contredit pas mais le complète heureusement, pourra au mieux être le fruit d’un charisme individuel qui impose de faire confiance en celui qui le reçoit, comme aussi à ceux qui croient que c’est une question de vrai charisme ou charismes – qui dans notre cas devrait être un charisme de révélation, de vision, et de discours de sagesse et de discours de savoir (I Cor 12,8 ; 2 Cor 12,1…) En bref, l’Église n’a pas besoin de cette œuvre pour dérouler sa mission salvifique jusqu’à la seconde venue du Seigneur, de même qu’Elle n’avait pas besoin des apparitions de la Madone à la Salette, à Lourdes, à Fatima… Mais l’Église peut tacitement ou publiquement reconnaître que certaines révélations privées peuvent être utiles pour la connaissance et la pratique de l’Évangile et la compréhension de ses mystères, et aussi, Elle peut les approuver dans une forme négative, c’est-à-dire en déclarant que les révélations ne sont pas contraires dans leur libellé à la Foi. Ou Elle peut les ignorer officiellement, laissant à ses fils pleine liberté de jugement. C’est dans la forme négative que les révélations de Ste Brigitte, Ste Mathilde, Ste Gertrude, de la vénérable Marie d’Agreda, de St Jean Bosco et de tant d’autres saints ont été approuvées.

Quiconque commence à lire L’évangile tel qu’il m’a été révélé avec un esprit honnête et avec application peut voir par lui-même l’immense distance qui existe entre l’ouvrage de Maria Valtorta et les Évangiles Apocryphes ; spécialement l’Enfance apocryphe et l’Assomption apocryphe. Et il peut aussi noter quelle distance il y a entre cet ouvrage et ceux des vénérables Catherine Emmerich, Marie d’Agréda, etc.
Dans les écrits de ces deux dernières voyantes, il est impossible de ne pas ressentir de tierces personnes, influence qui me semble tout au contraire absolument exclue de L’évangile tel qu’il m’a été révélé. Pour s’en convaincre, il suffit de faire une comparaison entre la vaste et sûre doctrine – théologique, biblique, géographique, historique, topographique – qui remplit chaque page L’évangile tel qu’il m’a été révélé, et les mêmes matériaux des ouvrages visionnaires mentionnés ci-dessus. Je ne parle pas des ouvrages littéraires, car il n’y en a pas qui couvrent la vie de Jésus de la Naissance jusqu’à l’Assomption de la Madone, ou du moins je n’en connais aucun. Mais même si nous nous en tenons à la trame des plus célèbres tels : Ben Hur, The Robe (la Tunique), The Great Fisherman, The Silver Chalice, The Spear…, ceux-là ne pourraient supporter la comparaison avec le plan de montage naturel et spontané vis à vis du contexte, des événements et des caractères de tant de personnages – une véritable foule ! – qui forme la structure puissante de L’évangile tel qu’il m’a été révélé.
Je le répète, c’est un monde extrait de la vie, et Maria Valtorta le maîtrise comme si elle possédait le génie d’un Shakespeare ou d’un Manzoni. Mais pour les œuvres de ces deux grands hommes, combien d’études, combien de veilles, combien de réflexions furent nécessaires ! Au contraire, Maria Valtorta, même si elle possédait une intelligence brillante, une mémoire prompte et solide, n’avait même pas terminé ses études secondaires ; elle fut pendant des années et des années affligée de diverses maladies et, clouée au lit, elle avait peu de livres – la totalité tenant sur deux étagères de son armoire – n’avait lu aucun des grands commentaires de la Bible – ce qui aurait justifié ou expliqué son étonnante culture scripturaire ; elle utilisait une simple version populaire de la Bible. Et malgré tout elle écrivit les 10 volumes de L’évangile tel qu’il m’a été révélé de 1943 à 1947, en 4 ans !

Nous savons combien la masse de recherches que les érudits ont effectuées, spécialement les chercheurs juifs pour établir diverses cartes de géographie politique de la Palestine, depuis le temps des Maccabées jusqu’à l’insurrection de Bar Kokba. Pendant plus de 20 années ils ont dû consulter un monceau de documents ; Le Talmud, Flavius Josephe, les inscriptions,les traditions, les anciennes voies… Et encore l’identification de bon nombre de localités demeure incertaine.
Dans L’évangile tel qu’il m’a été révélé, quel que puisse être le jugement porté sur son origine, il n’y a pas d’incertitude. Au moins 4 fois sur 5, des études récentes confirment les identifications supposées dans l’ouvrage de Maria Valtorta, et ce nombre grandirait, je le pense, si quelque spécialiste acceptait d’étudier cette question à fond. Par exemple, Valtorta voit les embranchements de routes, les pierres milliaires, la variété des cultures, en correspondance avec la nature du terrain, tant de ponts Romains traversant les rivières ou les cours d’eau, les sources alimentées en certaines saisons, et asséchées en d’autres. Elle note les différences de prononciation entre divers habitants de différentes régions de Palestine, et une masse d’autres choses qui rendent perplexe le lecteur, ou au moins lui donne à réfléchir.
Il y a une série de visions dans lesquelles le mystère de la naissance de Jésus, de son agonie, de sa passion et de sa résurrection sont décrites avec des mots et des images célestes, avec une éloquence angélique, tandis que d’autre part, une si grande lumière est projetée sur le mystère de Judas, sur la tentative de proclamer Jésus roi, sur ses deux frères/cousins qui ne croient pas en Lui, sur l’impression éveillée des gentils à son égard, sur son amour pour les lépreux, les pauvres, les personnes âgées, les enfants, les Samaritains, et tout spécialement sur son Amour, si ardent et délicat, pour sa Mère Immaculée.
Et non seulement du point de vue humain, mais spécialement de celui théologique. Qui peut rester indifférent en lisant les deux chapitres de la désolation de sa très sainte Mère après la tragédie du Calvaire, qui nous révèle combien la Co-Rédemptrice a été tentée par Satan, et combien son Fils Rédempteur a été tenté ? La théologie sublime de ces deux chapitres peut être comparée à celle de tant de lamentations de la Mère des Douleurs.

De nos jours des exégètes, même catholiques, prennent les plus étranges et audacieuses libertés en ce qui concerne l’historicité de l’Évangile de l’Enfance et des narrations de la Résurrection, comme si avec la «Forme Critique» [«Formgeschichte »] et la Méthode de Rédaction Critique [Redaktions geschichte Methode »], on trouve la panacée à toutes difficultés, difficultés qui ne furent pas ignorées des Pères de l’Église.

En vérité, pour ne parler que de quelques uns des plus récents exégètes tels Fouard, Sepp, Fillion, Lagrange, Ricciotti… sur ces points difficiles, ils ont dit leurs paroles lumineuses et équilibrées. Mais aujourd’hui, autres sont les maîtres que même les nôtres suivent avec confiance… Bien, pour en revenir à nous, j’invite les lecteurs de L’évangile tel qu’il m’a été révélé à lire la page consacrée à la Résurrection, à la reconstruction des événements du jour de Pâque, et ils constateront comme tout y est harmonieusement relié, – ce que justement tant d’exégètes qui suivent la méthode critique historico- théologique ont tenté de faire, mais sans y parvenir complètement. De telles pages ne dérangent pas, mais réjouissent le cœur du fidèle et renforcent sa foi !

Mais il y a une autre surprise : cette femme du XXe siècle qui, bien que confinée sur son lit de peine, devint l’heureuse contemporaine et disciple du Christ, entendit les Apôtres et Jésus parler en italien, mais dans un italien « araméisant » – sauf à certains moments qu’elle note soigneusement, c’est-à-dire quand Jésus ou les Apôtres prient en hébreux ou en araméen.
De plus, le Seigneur, la Madone, les Apôtres, même quand ils traitent de questions relatives au Nouveau Testament, adoptent le langage théologique d’aujourd’hui, qui est le langage initié par le premier grand théologien, St Paul, et enrichi tout au long de tant de siècles de réflexions et de méditations, et qui est alors devenu précis, clair et irremplaçable.
Il y a donc dans l’ouvrage de Maria Valtorta une transposition, une traduction de la Bonne Nouvelle annoncée par Jésus dans le langage de l’Église d’aujourd’hui, une transposition voulue par Lui, étant donné que la voyante était privée de toute formation technique théologique. Et cela a pour but, je pense, de nous faire comprendre que le message de l’Évangile annoncé aujourd’hui par Son Eglise d’aujourd’hui, avec le langage d’aujourd’hui, est substantiellement identique à celui de Son propre Enseignement d’il y a vingt siècles.

Un ouvrage imposant, composé dans des circonstances exceptionnelles, et dans un temps relativement très bref ; voici un aspect du phénomène. L’Auteur confesse sans cesse qu’elle est simplement un « porte-voix », un « phonographe », qui écrit ce qu’elle voit et entend, tandis qu’elle est « clouée au lit ».

D’où, selon elle, L’évangile tel qu’il m’a été révélé n’est pas d’elle, ne lui appartient pas, il lui est dévoilé, montré. Elle ne fait rien d’autre que de décrire ce qu’elle a vu, de rapporter ce qu’elle a entendu, tout en participant aux visions avec tout son cœur de femme et de chrétienne fidèle. De sa participation intime est née l’aversion qu’elle ressent envers Judas, et, à l’opposé, l’intense affection qu’elle éprouve pour Jean, pour la Madeleine, pour Syntica…, et je ne parle même pas du Seigneur Jésus ou de la très sainte Madone envers lesquels, par moments, elle déverse son cœur et son amour en des termes de lyrisme passionné digne des plus grands mystiques de l’Église. Dans les dialogues et les discours qui forment l’ossature de l’œuvre, il y a, en plus de l’inimitable spontanéité (les dialogues) quelque chose d’antique et parfois hiératique (les discours). En résumé, on y entend une excellente traduction de la façon de parler hébraïque ou araméenne, dans un italien vigoureux, multiforme et robuste. Il faut à nouveau remarquer que dans la structure de ces discours, Jésus se meut dans le sillage des grands Prophètes, ou s’adapte à la méthode des grands rabbis qui expliquaient l’Ancien Testament en l’appliquant aux circonstances contemporaines. Permettez-nous de rappeler le Pesher (l’interprétation) d’Habakkuk découverte à Qumran et de la comparer, au-delà des mots, à celle que Jésus nous donne.

Nous pouvons également comparer d’autres explications que le Seigneur nous donne d’autres passages de l’Ancien Testament, et pour lesquels nous possédons, en tout ou en partie, les commentaires des rabbis des IIIème ou IVème siècle, mais qui évidemment suivent un style de composition beaucoup plus ancien, et probablement contemporain de Jésus. À côté d’une similitude de forme externe, nous percevrons une telle supériorité de profondeur, de substance, que nous comprendrons finalement pleinement pourquoi les foules disaient : «Personne n’a parlé comme cet Homme».

Je retiens que l’œuvre (de Maria Valtorta) requiert une origine supra-naturelle. Je pense que c’est le produit d’un ou plusieurs charismes et qu’il devrait être étudié à la lumière de la doctrine des charismes, tout en faisant usage aussi des contributions des récentes études de psychologie et des sciences affines, qui certainement n’ont pas pu être connues par des théologiens anciens tels Torquemada, Lanspergius, caramelli, etc.
C’est la caractéristique des charismes que d’être prodigués par l’Esprit de Jésus pour le bien de l’Église, pour l’édification du Corps du Christ, et je ne vois pas comment il peut être raisonnablement nié que L’évangile tel qu’il m’a été révélé édifie et enchante les fils de l’Église. Sans aucun doute la Charité est la voie par excellence (1 Cor 13,1) ; il est aussi bien connu que certains des charismes qui abondaient dans l’Église primitive sont devenus plus rares ensuite. Mais il est tout aussi certain qu’ils ne se sont jamais totalement éteints.
L’Église, au long des siècles, doit vérifier s’ils viennent de l’Esprit de Jésus, ou s’ils sont une dissimulation de l’esprit des ténèbres prenant l’allure d’un ange de lumière : « Eprouvez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu » (1 Jn 4,1). Maintenant, sans anticiper le jugement de l’Église, que dès à présent j’accepte avec une absolue soumission, je me permets d’affirmer qu’étant donné que le principal critère de discernement des esprits est le mot du Seigneur : « A leurs fruits vous les reconnaîtrez… » (Math 3,20), et L’évangile tel qu’il m’a été révélé produisant de bons fruits dans un nombre toujours croissant de lecteurs, je pense que cela vient de l’Esprit de Jésus.
Par le Vénérable Serviteur de Dieu Gabriel Allegra, 
Ordre Franciscain Mineurs. 

A PROPOS DE LA MISE A L’INDEX

Il n’y a à notre connaissance aujourd’hui aucune erreur théologique ou biblique qui ait pu être trouvée depuis 50 ans sur les 15.000 pages manuscrites de Maria Valtorta qui décrivent des dizaines de milliers de choses liées à la théologie ou à la Bible : devant un tel décalage et des choses aussi impossibles humainement, les faits ne parlent-ils pas d’eux-mêmes ? …

Sinon vous faites référence à plusieurs réactions passées du Magistère à propos de Maria Valtorta, mais voici quelques éléments de réponse que l’on peut apporter

1°/ En ce qui concerne la mise à l’Index de Maria Valtorta, le motif était le défaut d’imprimatur, et pas du tout l’hérésie ou d’autres raisons. On peut s’en assurer en lisant le texte de l’Osservatore Romano du 6 janvier 1960. Ce motif est indiqué dans les premières lignes de l’article. Voici les références du code de droit canon de 1917 en usage à l’époque . Le motif de la mise à l’Index est ré- pété en 1961 quand la condamnation de la première édition est étendue à la seconde.

Les quatre mousquetaires et tous les romans d’Alexandre Dumas père et fils, tous les romans d’Honoré de Balzac et tous ceux d’Émile Zola, mais aussi quelques écrits d’auteurs comme Montaigne, Montesquieu, Descartes, Diderot, Voltaire, Flaubert pour n’en citer que quelques-uns dans notre pays, car toutes ces œuvres ont été mise à l’Index et n’en ont jamais été supprimées.

8°/ L’ordre des Servites de Marie est engagé auprès de Maria Valtorta depuis l’origine, à travers tous les supérieurs qui se sont succédés, et ils l’incluent aujourd’hui dans les « Serviteurs de Dieu » liés à leur ordre, et 9 responsables votant à bulletin secret ont demandé à l’unanimité l’ouverture d’un procès en béatification. 9°/ Tirant les conséquences de la situation nouvelle, la conférence épiscopale italienne (CEI) a depuis 1992 autorisé la publication (et donc ipso facto la lecture) de l’Évangile tel qu’il m’a été révélé et il n’y a plus de questions à ce sujet en Italie depuis longtemps.

2°/ La mise à l’Index ne concernait que l’Évangile tel qu’il m’a été révélé : tous les autres écrits et toutes les visions de Maria Valtorta n’ont jamais été mises à l’index.

6°/ Sur le fond, l’Index a été supprimé par un acte officiel de la Congrégation pour la Doctrine de la foi en date du 14 juin 1966, qui indique que désormais « l’Église fait confiance à la conscience mûre des fidèles ». Cette suppression est claire et nette, comme le confirment le décret d’interprétation du 15 novembre 1966, et le décret sur la réforme de l’Imprimatur du 19 mars 1975.

En bref, depuis 57 ans, les opposants à Maria Valtorta s’accrochent désespérément à cet unique argument obsolète de la mise à l’Index pour « interdire » la lecture de l’Évangile tel qu’il m’a été révélé, mais pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, cet argument d’autorité ne tient absolument pas.

3°/ Le texte de la mise à l’Index présuppose qu’il doit y avoir beaucoup d’erreurs et qu’elles seront un jour trouvées : « Les spécialistes des études bibliques y trouveront certainement beaucoup d’erreurs historiques, géographiques et autres » mais en réalité aucune erreur n’a été trouvée par les spécialistes des études bibliques, alors qu’il y a des dizaines de milliers d’affirmations portant sur des quantités de sujet différents. Si vous ou d’autres connaissiez 1 seule erreur sérieuse, n’hésitez pas à me la signaler car ce serait un scoop !

7°/ Le 2 juillet 1973, la dépouille de Maria Valtorta fut transférée dans la Basilique de Florence où elle repose encore aujourd’hui, au cours d’une célébration officielle présidée par le Père Gabriel Roschini, supérieur des Servites de Marie, fondateur de l’Université pontificale de théologie « Marianum » et Conseiller au Saint Siège, qui écrivit en conclusion d’un livre envoyé à SS. Paul VI : « aucun autre écrit marial, pas même la somme de tous ceux que j’ai lus et étudiés, n’avait été en mesure de me donner sur Marie, chef d’œuvre de Dieu, une idée aussi claire, aussi vive, aussi complète, aussi lumineuse et aussi fascinante, à la fois simple et sublime, que les écrits de Maria Valtorta. » La Secrétairerie d’État répondit à cet envoi, au nom du souverain Pontife, par l’espoir « que vos efforts recueillent des fruits spirituels abondants. ». La tombe dans la Basilique de Florence mentionne les titres de gloire de Maria Valtorta : « Membre du Tiers ordre des Servites de Marie – Hostie agréable à Dieu – Historienne du Divin »

En réalité, tout ce qu’expose l’œuvre est très fidèle à la doctrine catholique. Bien plus, ce récit est objectivement très utile pour confirmer et défendre la doctrine catholique et la vérité de l’Évangile.

4°/ Au même moment, Sainte Faustine aussi a été mise à l’index jusqu’à la suppression de celui-ci, et cela par le même cardinal qui a sévi pour Padre Pio et Maria Valtorta, avec un discernement qui s’est donc révélé souvent pris en défaut.

La réponse à mon avis se trouve dans les signes des temps : c’est pour venir au secours des fidèles dans un monde de plus en plus ouvertement fermé à Dieu, et c’est assez logique car il n’est pas anormal que le Seigneur dans sa Miséricorde proportionne ses secours aux nécessités et difficultés de ces temps où la foi semble se perdre et être combattue plus que jamais.

5°/ Si l’on pense que les recommandations périmées de l’Index nous obligent moralement, il faut alors s’abstenir de lire les Misérables ou Notre Dame de Paris de Victor Hugo,

A ces difficultés spécialement grandes, correspond ce cadeau de la Miséricorde de Dieu, spécialement extraordinaire …

Merci à Chrétiens Magazine n° 303

L’Index est un catalogue instauré à l’issue du concile de Trente (1545-1563) listant des ouvrages jugés immoraux ou contraires à la foi, que les catholiques n’étaient pas autorisés à lire. L’index fut supprimé par le Vatican le 14 juin 1966 par un acte officiel de la Congrégation pour la Doctrine de la foi et confirmé par le décret d’interprétation du 15 novembre 1966, et le décret sur la réforme de l’Imprimatur du 19 mars 1975.

Si par le passé, « l’évangile tel qu’il m’a été révélé » s’est vue mettre à l’Index, ce ne fut que pour des questions de forme et non point de fond : L’œuvre fût mis à l’index parce que l’éditeur trop zélé, n’avait pas pris la peine de demander l’autorisation au Vatican. Pratique de l’époque, abandonnée depuis… N’ayant pas cette autorisation (l’ imprimatur), une confusion entretenue par certains s’en suivit, sur le fait de savoir si l’on pouvait lire, ou non, les écrits de Maria Valtorta.

Même si les charismes ne sont pas un article de foi,  des dizaines de témoignages de Cardinaux, d’évêques, de prêtes, de religieux, de laïques constituent depuis lors et  jusqu’à maintenant, une éclatante somme d’enthousiasme communicative.

Cette œuvre de Maria Valtorta, achevée depuis plusieurs décennies, reste encore aujourd’hui, un joyau pour les âmes  souhaitant  mieux connaître Jésus, mieux comprendre l’Évangile et en vivre pleinement dans leur vie quotidienne. En effet, elle n’est pas « l’Évangile de Maria Valtorta » mais bien le récit détaillé, tel que Jésus l’a révélé à cette âme mystique, de ce qui est advenu autour de l’Évangile canonique, consigné par l’Église –  afin que le lecteur soit en mesure d’en retrouver les événements dans leur contexte et de mieux en comprendre le sens. Cette œuvre, inspirée par Jésus à sa messagère, est, nul ne doit en douter, l’œuvre de l’Esprit Saint.

La mise à l’Index pour la forme, ne concernait que « l’Évangile tel qu’il m’a été révélé » : tous les autres écrits et toutes les visions de Maria Valtorta n’ont jamais été mises à l’index.

Sainte Faustine , canonisée par Jean-Paul II le 30 avril 2000a, avait également été mise à l’index par le même cardinal Alfredo Ottaviani,  qui a sévi pour Padre Pio et Maria Valtorta, avec un discernement qui s’est donc révélé souvent pris en défaut.

Ce fût le cas de bien d’autres livres dont les Misérables, ou Notre Dame de Paris de Victor Hugo, Les quatre mousquetaires et tous les romans d’Alexandre Dumas père et fils, tous les romans d’Honoré de Balzac et tous ceux d’Émile Zola, mais aussi quelques écrits d’auteurs comme Montaigne, Montesquieu, Descartes, Diderot, Voltaire, Flaubert pour n’en citer que quelques-uns. Toutes ces œuvres ont été mise à l’Index et n’en ont jamais été supprimées.

Antoine Clamagirand
Les Éditions Maria Valtorta.

 


LE PAPE PIE XII ET L’ŒUVRE DE MARIA VALTORTA

Par François-Michel Debroise, le 7 avril 2019

Le 26 février 1948, le Souverain-Pontife reçoit en audience les PP. C. Berti, R. Migliorini et leur supérieur A. Cecchin (Attestée par l’Osservatore romano n° 48 du lendemain.). Un seul motif pouvait réunir ces trois ecclésiastiques : Maria Valtorta. Ses écrits sont donc bien l’objet de l’audience. Imagine-t-on que l’on pouvait solliciter le Saint-Père pour une révélation privée romancée ou anodine ? Nul ne le croit.

En effet, la vie de Jésus de Maria Valtorta avait déjà été prise en charge par l’ordre des Servites de Marie. Elle était donc remarquable bien qu’inachevée.

Déjà, en août 1946, à la demande du Prieur, le P. G. Roschini, avait examiné les premières visions dans lesquelles il ne trouvait rien à redire. Il en témoigne lui-même (P. Gabriel M. Roschini, La Vierge Marie dans l’œuvre de Maria Valtorta, déclaration de l’auteur.). C’était un brillant théologien, fondateur de l’université pontificale mariale Marianum.

En janvier 1947, le Père Berti parle de soumettre les écrits de Maria Valtorta directement au Saint-Père (Cahiers, 31 janvier 1947.). Ce qui fut fait par l’intermédiaire de Mgr Francesco Norese, archiviste de la Secrétairerie d’État qu’il connaissait.

Il y a donc un lien entre l’audience, un an plus tard, et l’œuvre de Maria Valtorta. L’intérêt suscité par la lecture de l’œuvre qu’en fit le Pape, justifiait cette audience.
Le secrétaire particulier de Pie XII était alors Mgr Giovanni Battista Montini, futur Paul VI. Il rejoindra plus tard, à sa façon, la défense de l’œuvre et il fut témoin de nombreux événements qui suivirent.

 

 

Cet encouragement que Pie XII donna à la vie de Jésus qu’il venait de lire, fut consigné par les trois prêtres dès la sortie de l’audience afin de ne pas en oublier les termes :

« Publiez l’œuvre tel quelle. Il n’y a pas lieu de donner une opinion quant à son origine, qu’elle soit extraordinaire ou non. Ceux qui liront comprendront. »

Ceci sera certifié plus tard par le P. Berti dans un écrit sous serment (Affidavit du 8 décembre 1978) et par le P. Cecchin qui en témoigna auprès du P. Peter Mary Rookey, un servite de Marie comme lui (La cause de béatification du P. Cecchin a été introduite en 2002 et le P. Rookey est connu pour son ministère de guérison.).

Le 11 juillet 1948, un prêtre de la Secrétairerie d’État (la plus haute instance du Vatican) fait demander à Maria Valtorta, par l’entremise du Père Berti, où se trouve la tombe de Saint Pierre que l’on cherchait alors. Preuve, s’il en était besoin, de la crédibilité et de la haute considération dont jouissait la mystique dans l’entourage direct du Pape.

Ce ne fut pas le seul témoin de cet intérêt : Le Père Augustin Bea (futur cardinal), confesseur de Pie XII, ainsi que Mgr Alfonso Carinci, son « sacristain » particulier, avaient tous les deux pris connaissance favorablement des premiers extraits des visions de Maria Valtorta. Il en est de même de Mgr Luigi Novarese, de la Secrétairerie d’État : il rencontrera ultérieurement Maria Valtorta. Il a été béatifié récemment.

En août 1948, l’imprimatur d’usage est accordé par Mgr Costantino Barneschi dans un livret de 32 pages, auteur inconnu, intitulé Parole di Vita Eterna, selon le vœu de Jésus. Une société éditrice, Laboremus, fut créée spécialement à Rome, mais elle ne dura pas.

Tout cela ne peut s’expliquer sans le soutien favorable et connu de Pie XII.

 

 

Mais le 25 octobre 1948, Pie XII fait demander aux Servites, par l’intermédiaire de Mgrs Montini et Tardini, ses secrétaires particuliers, que l’imprimatur soit accordé par un évêque italien pour éviter les réactions de « certains prélats hostiles ». Mgr Barneschi était, en effet, en poste en Afrique du sud.

Mgr Montini avance le nom de Mgr Michele Fontevecchia, évêque d’Aquino-Sora (Latium) diocèse où se trouve l’actuel Centro editoriale valtortiano. L’éditeur était spécialisé, à l’époque, dans les éditions religieuses. Mgr Fontevecchia se propose de confirmer l’imprimatur (Lettere a Madre Teresa Maria {it}, Vol. 2, 16 décembre 1948, page 165.), mais il en fut empêché : on le lui « arracha des mains » (Lettere a Carinci {it}, lettre du 24 août 1950).

Ce « on » reste anonyme, mais il ne fait pas de doute que la pression venait du Saint-Office comme la suite le prouve.

Le 29 novembre, le Supérieur des Servites reçoit un appel téléphonique du Saint-Office intimant l’ordre aux Pères Migliorini et Berti de ne plus s’occuper de la diffusion de l’œuvre, sous peine de sanction.

Le 23 décembre, Maria Valtorta reçoit un message pour le Pape Pie XII (Les carnets, 23 décembre 1948.). C’est une supplique grave du Ciel l’invitant à défendre, avec autorité et fermeté, une œuvre qui sera la « gloire future de son pontificat ».

Le 15 février 1949, l’œuvre est brusquement stoppée. Le Père Berti est convoqué par deux censeurs, Mgr Giovanni Pepe, en charge de la censure des livres, et le Père Girolamo Berutti. Il n’a pas le droit de parler, seulement de signer la lettre du Saint-Office et de remettre les manuscrits en sa possession. « Ici, ils resteront comme dans une tombe », poursuit Mgr Pepe (Attestation du Père Berti : Exposizione, § 4.). Le P. Berti ne remit que des copies puisque les originaux étaient aux mains de Maria Valtorta.

Aucune trace écrite n’existe d’une telle condamnation et aucun acte officiel ne la mentionne.

 

 

Cette pression, illégale au regard du droit canonique et moralement choquante, se poursuivit avec Mgr Biagio Musto, coadjuteur puis successeur de Mgr Fontevecchia. Il céda aux pressions qui lui interdisaient d’accorder l’imprimatur à l’œuvre de Maria Valtorta. Plus tard, il avoua sa honte à Marta Diciotti, la dame de compagnie de la mystique pendant 26 ans (Una vita con Maria Valtorta, Testimonianze di Marta Diciotti {it}, page 388).

Un quatrième essai eut lieu avant la parution du premier tome de ce qui deviendra L’Évangile tel qu’il m’a été révélé. Le cardinal Giuseppe Siri fut sollicité par le P. Berti pour l’imprimatur. Il eut la franchise (et l’audace) d’écrire pourquoi il déclinait l’offre malgré une impression favorable : le Saint-Office « avait la main dessus et il était dangereux (sic !) d’agir contre » (Lettre du 6 mars 1956 citée dans Pro e contro Maria Valtorta {it}, page 97).

Aussi quand le Saint-Office claironne dans son commentaire de la mise à l’Index, après la mort de Pie XII, qu’il n’y a pas eu d’imprimatur et qu’il s’agit d’une désobéissance grave, il signe sa forfaiture car il fut l’auteur conscient et déterminé de cette obstruction, non au grand jour, mais dans l’ombre (Osservatore romano du 6 janvier 1960).

 

 

Dès 1946, Jésus avait prévenu : Il ne permettra pas que l’on traite l’œuvre donnée à Maria Valtorta comme une plaisanterie et Il agira en conséquence. Ce ne fut pas une prophétie en l’air (Cahiers, 21 janvier 1946, page 169).

En 1950, le Père Mariano Cordovani meurt brusquement dans l’indifférence générale. Superviseur du Saint-Office, c’était le principal opposant à l’œuvre de Maria Valtorta (Lettere a Madre Teresa Maria, {it} Volume II, page 285-286.). Peu de temps après, il lui apparaît contristé dans le Purgatoire. Jésus commente :

« Il sera là longtemps, longtemps, longtemps au seul motif d’avoir combattu Moi, toi et l’Œuvre, agissant contre la Sagesse, la Charité, la Justice. » (Les Carnets, 6 juin 1950)

En 1952, Mgr Giovanni Pepe est contraint à la démission pour avoir mis à l’Index, sans l’avis de Pie XII, des livres parlant de Padre Pio.

En 1966, l’Index est aboli en droit et en conséquence, mettant chaque lecteur devant sa conscience.

En 1992, la conférence des évêques d’Italie demande à l’éditeur d’avertir le lecteur que cette œuvre ne peut pas être confondue avec la Révélation publique. L’éditeur demande alors qu’on lui fournisse le texte à insérer : il l’attend toujours.

On a voulu faire appel au cardinal Ratzinger comme dernier rempart à une prohibition de l’œuvre, même encouragée par Pie XII. Mais le cardinal Ratzinger, devenu Pape, termina son pontificat par la béatification de deux soutiens déclarés de l’Œuvre de Maria Valtorta.

Car à ce jour, on compte déjà quatre saints et trois bienheureux dans les lecteurs ou promoteurs de l’œuvre de Maria Valtorta (Padre Pio, Jean-Paul II, Mère Teresa, Paul VI, G. Allegra, Mère Maria Inès du Très Saint-Sacrement, Luigi Novarese.) et aucun dans ses détracteurs.

Gamaliel disait sagement dans les Actes des apôtres (Actes des apôtres 5, 38-39.) :

« si leur entreprise vient des hommes, elle tombera. Mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire tomber. Ne risquez donc pas de vous trouver en guerre contre Dieu. »

On pourrait appliquer ce jugement à l’œuvre de Maria Valtorta et à toutes ces œuvres inspirées qui font la richesse de l’Église après qu’on ait condamné ou méprisé leur auteur.